• Collandres : une reconversion réussie

    Denis est un moutonnier heureux !

    La scène n'a jamais quitté son esprit. Cette scène, c'est celle d'un troupeau de moutons au parc qu'il apercevait lors de randonnées dans les Pyrénées. Il est heureux, Denis le moutonnier : il a fait de cette image son quotidien ! Un changement de vie qu'il ne regrette pour rien au monde...

    Cela ne s'est pas fait sans peine et sans galère. Pas facile pour ce presque citadin de revenir au pays avec un tel projet. C'est à Lextrait, berceau de sa famille, au fond de la vallée de la Véronne, que l'opportunité s'offre à lui en 1984. Des hectares disponibles, un bâtiment à vendre : pas la moindre hésitation. Denis Brugière plie bagages et laisse derrière lui la ville et ses turpitudes.

    Un vrai parcours du combattant qui va durer 10 ans, le temps de définitivement s'installer et de mettre en place des structures convenables. Parfaitement autodidacte, Denis apprend son métier de moutonnier, petit à petit.

    Pour ses débuts, il constitue un cheptel de 200 bêtes, des "Blanches du Massif Central" (BMC) ; une race sur laquelle le regard de l'intéressé a évolué : « elles étaient trop gourmandes en céréales et leur prix ne cessait de s'envoler. De plus il s'agissait d'agneaux fragiles qui devaient rester en bergerie, sans parler des contraintes liées au fait qu'il fallait rentrer les brebis pour nourrir les petits. » Progressivement, notre berger délaisse la race bergerie pour une race fromagère en optant pour l'"Ile de France" (IDF). A ce jour, il gère un troupeau de 280 mères.

    Transhumance vers le col d'Aulac

    Comme tout éleveur, les journées de Denis sont bien remplies, surtout en période d'agnelage – de début mars à la mi-mai. Mais grâce à des bâtiments fonctionnels, il mène une vie plus sereine, le reste de l'année.

    Cette année, sur les 230 mères pleines, ce sont 381 agneaux qui ont vu le jour. En d'autres termes, chaque bête a vu naître 1,7 petit en moyenne. Et tout cela s'opère de façon traditionnelle : « ici, pas d'insémination artificielle, la monte est naturelle d'octobre à novembre avec des béliers », remarque Denis Brugière.

    Dès qu'arrive le mois de mai, c'est la transhumance pour la plus grande partie du troupeau. Tout ce petit monde passe en effet l'été sur les estives du col d'Aulac. A l'aube, un long cortège s'élance accompagné du berger et de son chien – un border-colley que le berger a lui même dressé après avoir suivi un stage ; de sa famille et d'amis.

    Après 10 kilomètres parcourus à travers monts et vallées, vient la récompense : on pique-nique et l'on profite d'un repos bien mérité. Les estives étant bien clôturées, les brebis ne nécessitent que peu de surveillance. Les patou font bonne garde, l'une d'entre eux n'a pas quitté le troupeau pendant 14 ans !

    Désormais, pour Denis, la vie coule (un peu) comme un long fleuve tranquille...

     

    AB, Cathy Duflot Falgère


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