• Au XIXe siècle, les cantaliens du pays de Riom-ès-Montagnes émigrent volontiers. L’appât du gain les incite à partir dans des régions plus clémentes, d'un point de vue économique, climatique. L'exemple le plus frappant de cet exode est celui de l'Auvergnat de Paris. Au recensement de 1896, 29 958 cantaliens habitent le département de la Seine. Le tableau suivant présente les principales migrations du pays, qu'elles soient saisonnières ou « définitives », qu'elles aient pour provenance ou bien pour destination le haut-Cantal. 

     

     

    Des marchands itinérants audacieux, les marchands de toile (photo), firent fortune dans le commerce du textile à partir du XVIIIe siècle, en France ou à l'étranger (notamment en Afrique du nord). Ils arpentèrent les villes et villages à pied, à bicyclette ou bien en voiture à cheval. Revenus au pays (Riom-ès-Montagnes, Marcenat, Allanche, Condat, Mauriac...), ils bâtirent de belles maisons, preuve de leur réussite.

    L'étameur, lui, était en charge de l'étamage, c'est à dire qu'il recouvrait les métaux (casseroles, clous, bicyclettes, caisses, marteaux...) d'une mince couche d'étain afin de prévenir l'oxydation, après avoir remis en état les différents objets. Les étameurs cantaliens (estamaïres en occitan) se déplaçaient à l'aide de roulottes hippomobiles que Jacques Mallouet, dans « Auvergne de nos racines », décrit ainsi : « Vers l'avant se trouve une minuscule pièce servant de cuisine et chambre à coucher. L'arrière de la voiture est une sorte de caisson où s'entassent les outils, innombrables » . Ils travaillaient en plein air, s'installant sur les places des villages, comme on peut le voir sur ce cliché des Archives départementales du Cantal, ci-dessous.

     

     

    Dans « Les Migrants de travail d'Auvergne et du Limousin », Marc Prival s'est penché sur ce métier d'étameur...

        

     

     

    Des Bougnats parisiens, au début du XXe siècle : à droite, le patron, entouré de ses deux commis. En arrière plan, un café, et un dépôt de bois-charbon.
     

       

    Un rémouleur, aiguisant un couteau
     

       


    Rétameur, sur la place d'un village cantalien
     

       


    Rétameur-ferblantier

         

    Un métier encore bien vivace : celui d'arracheur de gentiane. Les racines de la plante, utilisées pour la conception de l'Avèze mais aussi vendues à l'état brut ou en poudre, valent de l'or !     

     

     

    Bibliographie

    Marc PRIVAL, Les Migrants de travail d'Auvergne et du Limousin, Institut d'Etudes du Massif Central, Clermont-Ferrand, 1979

    Jacques MALLOUET, Auvergne de nos Racines, Editions Jean-Pierre Gyss, 1985

    http://cantal.liens.free.fr/V2-cantalous-nantais.php



     


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  • Voici une liste non-exhaustive d'ouvrages ayant pour thème le pays de Riom-ès-Montagnes et son histoire.

    Riom-ès-Montagnes et le Pays Gentiane, Revue de la Haute Auvergne, numéro 2-2009
    Patrick GARINOT, Le Triangle du Cantal, tome 1 : Bort-les-Orgues/Neussargues

    Cheylade
    Des cloches
    , des vaches et des hommes, Association Valrhue, 2010 
    Eglise Saint Léger de Cheylade, Association Valrhue, 2004
    Visages de la Vallée, Association Valrhue, 2006
    Alexandre ANDRAUD, L'évolution économique d'une commune rurale depuis 150 ans (1800-1950)

    Saint-Amandin
    Françoise LAGRANGE-GONDAL,
    Le village de Saint-Amandin dans l'entre-deux guerres
    , 2011

    Valette
    Ouvrages de Jacques MALLOUET


    Voir aussi

    >> Alain DELTEIL, Monique ROQUE, Le Nord Cantal en aquarelles
    >> Ouvrages d'Antoine TRIN
    >> Justin BOURGEADE, Tintinou, Paysan d'Auvergne
    >> Pierre BESSON, Un Pâtre du Cantal
    >> Alexandre ANDRAUD, Paysan et Maître d'école, mémoires d'un pays au pied du Puy Mary
    >> Louise CAMBEFORT,
    Marguerite et le village


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  • Quelques jeux qui se pratiquaient et se pratiquent toujours...

     

    Le massacre des toupines

    Ce jeu consiste à frapper, les yeux bandés et à l'aide d'un gros bâton, des pots de fleur suspendus à des fils de fer. Un coup de bâton bien placé, et la toupine se brise, laissant tomber un lapin, un coq ou un canard. Mais on peut aussi recevoir sur la tête de l'eau, de la farine, de la sciure, un liquide nauséabond ou, dans le meilleur des cas, des friandises.

    Le quine

    Le quine, terme utilisé dans le Cantal et l'Aveyron, est un jeu de hasard comparable au loto, où l'on choisit ses cartons suivant les numéros présents dessus. D'après le dictionnaire « Le Petit Robert », le mot apparaît au pluriel, quines, en 1155. Il provient du latin «quinas», accusatif féminin pluriel de «quini», signifiant cinq chacun. Il désignait, dans les anciennes loteries, cinq numéros pris et sortis ensemble.

     
    Le jeu se pratique toujours dans des salles des fêtes, car il est interdit de l'organiser dans des salles de bar ou dans des salles privées, cela pouvant être qualifié de "tenue de maison de jeux de hasard" et donc puni. 
     
    Réunis autour de grands tables, jetons bien en main, l'oreille aux acquêts, les participants sont prêts à crier "quine" si la chance sourit, et voilà le gagnant qui repart nanti d'un magnifique lot (argent, matériel électroménager, cochon...) et prêt à reprendre un nouveau tour. Ce jeu qui se transmet de génération en génération a parfois l'avantage de réunir parents et enfants (quines des écoles), et d'occuper un après midi entier, notamment en hiver. 
     

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  • Il était une fois... La route de la Reine Blanche

    La Route du Sel, ou route de la Reine Blanche, est l'une des routes commerciales d'échanges et de commerce, par laquelle le sel fut transporté depuis les régions de production vers les régions qui en manquaient. Aussi innombrables que les axes d‘échange commerciaux, les routes du sel au Moyen Âge permettaient ainsi de couvrir les contrées les plus isolées.

    A notre échelle, la Route du Sel reliait Trizac à Dienne en traversant les plateaux de Trizac, de Collandres, d'Apchon puis du Limon via La Chatonnière, Les Jaleines, la Croix du Mouton (Collandres) puis Saint-Hippolyte, Selins (Saint-Hippolyte), Chavanon (Cheylade) et La Croix du Gendarme (Dienne). Les mulets y transportaient les sacs de sel de l'Atlantique jusqu'à la vallée de l'Alagnon.




     

     

      

    Zoom sur le secteur de Collandres :
    les cercles matérialisent les villages désertés au Moyen-âge 

     

    Le long de la route...

    Trizac a du, à une époque reculée, posséder une population importante. Elle compta jusqu'à trois églises (Sainte Marie, Saint Jean-Baptiste et Saint-Beauzire). De ces trois églises, une seule subsiste, la dernière, classée Monument Historique.

    Sur le plateau de Collandres/Trizac, deux grandes voies ont été identifiées par les archéologues dans les années 1970 et 1980: la première est orientée est-ouest (la route du sel) et la seconde nord-sud. Elles assuraient les liaisons principales entre Collandres et Trizac d'une part, celles de Rignac et de Collandres (par la parcelle du clos de Plume, au nord d'Espinasse), d'autre part.

    La Route de la Reine Blanche, entre Trizac et Collandres, a un tracé assez rectiligne, et traverse les parcelles d'Espinasse, des Jaleines et de la Chatonnière. Jusque dans les années 60, elle fut empruntée par les troupeaux que l'on conduisait à la foire de Trizac. A l'époque, il faut savoir que la route reliant Collandres à Valette n'existait pas encore et que le bitume s'arrêtait au niveau de la ferme d'Espinasse. Pistes et tsarreiros (chemins de transport des troupeaux) assuraient donc la liaison Collandres/Trizac.

    La voie était sans doute pavée, comme l'atteste un sondage réalisé sur la parcelle de la Chatonnière et d'Espinasse et des vestiges au nord du bois de Cournil. Sa largeur variait entre deux et trois mètres. De part et d'autre de la route, on a découvert plusieurs tombelles (également appelées tumulus ou tertres) dont les plus anciennes remontent au 1er siècle avant J.-C., ainsi que de nombreux vestiges de villages désertés (des cases subsistent au nord et au sud des Jaleines).

    Plus loin, sur le plateau du Limon, la route du sel prend un autre nom, celui de chemin des Quiroux. Le chemin était dangereux, surtout par temps de brouillard ou d'écir, cette tempête de neige qui coûta la vie à de nombreuses personnes. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, c'était la seule voie de cette importance qui, à 1 400 m d'altitude, relait Cheylade à Dienne. Elle continuait vers Murat et permettait de pénétrer dans le nord du massif du Cantal. Sans les quiroux (plus de 180 tas de pierres de basalte situés tous les 20 m sur le plateau), il aurait été facile de s'y perdre.

     

     

    Personnes sources 

    Marie-Claire SIMON COSTE. Les montagnes d'Auvergne avant la vie pastorale actuelle. Villages désertés et paysage fossile de la commune de Collandres (Cantal).

    Odette LAPEYRE

    Jean-Baptiste BOUILLET, Description historique et scientifique de la Haute-Auvergne

    DERIBIER DU CHATELET, Dictionnaire statistique du département du Cantal


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  • Anthroponymie

    Vous vous demandez peut-être ce que peut bien signifier ce mot barbare ! L'anthroponymie est simplement la science qui étudie des noms de famille. Il est intéressant d'observer que selon les régions, les sonorités changent, et que certains noms sont récurrents. En Pays Gentiane, on remarquera que les Dumas, Rodde et Serre sont les plus nombreux. Parmi les autres noms qui reviennent, on peut citer les Albessard, Charbonnel, Jouve, Duval, Juillard et Julien , Mercier, Rispal, Robert ou encore Veschambre.

    Voici donc la signification des principaux noms locaux... Ils proviennent de prénoms de baptême (Amblard, André, Julien, Raymond, Robert, Juillard...), de surnoms ou sobriquets (Rouchy, Besson, Raynal, Rispal), des lieux d'habitation (Dumas, Serre, Chaumeil), de vieux métiers (Charbonnel, Moulier, Rodde, Sartre) ou bien de la flore (Fageol, Floret, Joncoux, Delteil).

    Albessard
    Nom typiquement cantalien. De blanc, le suffixe pouvant être péjoratif. Il pourrait aussi désigner le fils de celui qui s'appelle Bessard (surnom possible de celui qui utilise une bêche. Autre possibilité : un toponyme formé sur l'occitan "alba(r)", désignant le peuplier blanc ou le saule blanc. 

    Besse
    Provient du bouleau. 

    Besson
    Surnom. Il désigne un jumeau, aussi bien en français qu'en occitan. 

    Bourgeade
    Celui ou celle qui est "du bourg".

    Boyer
    Ce nom très répandu en Occitanie tire son origine de bouvier (vacher, personne qui s'occupe des boeufs).

    Chabrier
    Nom auvergnat désignant un gardien de chèvres. 

    Chappe
    Le nom est porté dans des régions assez variées, depuis le Cantal jusqu'au Pas-de-Calais, en passant par l'Ouest. On pense généralement au porteur d'une chape (long manteau), mais c'est aussi un toponyme fréquent, nom de très nombreux hameaux (à noter aussi que quatre communes s'appellent Chappes). Variante : Chape (88, 76, 75). Le sens de ce toponyme est très incertain.
    Etymologie : latin Florus, de flos, floris (= fleur).

    Charbonnel
    C'est le fabricant de charbon de bois.

    Chaumeil
    Celui ou celle qui habite une plaine élevée, une lande.

    Clauzel
    C'est le chaumeur de toits (Clauzel, Cluzel).

    Delteil
    Toponyme : lieu où se trouve un tilleul ou un bois de tilleuls. 

    Dumas
    Quelqu'un qui habite la ferme (du provençal).

    Dussaillant
    Le nom est surtout porté dans le Cantal. Variantes : Dusaillant, Dussailland. Il désigne celui qui habite un lieu-dit "le Saillant" ou en est originaire. Dans le Cantal, on pensera notamment aux hameaux du Saillant à Marcenat et à Andelat. Le toponyme est le participe présent du verbe occitan "salhir" (= sortir, jaillir, faire saillie), avec deux sens possibles : soit une source jaillissante, soit un rocher saillant (les deux sens sont attestés pour le mot "salhent" en occitan).

    Duval
    Celui qui est originaire de la vallée.

    Fabre
    Fabre et Lafarge : le forgeron.

    Fageol
    Désigne un bois de hêtres.

    Floret (Flouret)
    Rencontré aux confins méridionaux de l'Auvergne, c'est un
    diminutif de Flour, nom de baptême illustré par saint Flour, apôtre de l'Auvergne, qui aurait été le premier évêque de Lodève (IVe siècle). Mais c'est aussi un adjectif qui signifie tout simplement fleuri...

    Fouillade
    Désigne le feuillage.

    Galvaing
    Sobriquet. Celui qui est "hardi comme un coq".

    Griffoul
    Du toponyme : lieu où pousse le houx. 

    Joncoux
    Tient son origine du jonc.

    Journiac
    Désigne celui qui est originaire d'une localité appelée Journiac. C'est un nom de domaine gallo-romain, formé avec le suffixe -acum sur le nom de personne latin Juronius. Une commune de la Dordogne s'appelle Journiac, ainsi que divers hameaux du Cantal (communes de Beaulieu et Riom-ès-Montagnes). C'est d'ailleurs dans le Cantal que le nom de famille est le plus répandu. Journiac peut aussi désigner un lieu clair et ensoleillé.

    Jouve
    Signifie jeune en occitan (jove). Un surnom qui devait permettre de différencier un membre d'une famille de son père ou de son aîné.

    Julien, Juillard (Julia)
    Equivalent du français Julien. Le nom vient du latin Julianus, lui-même dérivé de Julius. On connaît plusieurs saints portant le nom de Julien. Le plus célèbre dans les P-O est saint Julien, époux de Baselice : tous deux ont refusé de consommer leur mariage, et sont partis évangéliser les païens, ce qui a valu à Julien de mourir dans d'affreuses tortures. En Normandie, on connaît aussi saint Julien l'Hospitalier, popularisé par un conte de Flaubert. Le
    patronyme Julia est très courant dans le Sud et le Sud-Ouest (81, 82, 31, 66). Variantes : Jullia (07, 82), Julhia (46, 82, 40). 

    Laborie
    C'est le fermier (borie provient du latin bovaria qui signifie une étale à boeufs, ou une ferme isolée).

    Labro
    Sobriquet. Le lièvre.

    Malgat
    Sobriquet. Le garçon, avec préfixe péjoratif.

    Marcombe, Marcombes
    Surtout porté dans le Cantal, désigne celui qui est originaire de Marcombes, hameau de la commune de Valette (15). Sens du toponyme : la mauvaise combe (vallée creusée par l'érosion).

    Monier
    Le meunier, celui qui dirige le moulin.


    Dumas (Mas)
    Celui qui habitait un mas. Il convient de se rappeler qu'un mas n'est pas une simple maison comme on le croit parfois à tort, mais une exploitation agricole dont les terres rayonnent autour de la maison d'habitation. Le mot vient du latin mansus. 

    Mercier
    Représente un nom de métier, le mercier étant un boutiquier (marchand). 

    Raboisson
    Qui habite à l'orée du bois ?

    Refouvelet
    Sobriquet de celui qui aime chanter (?)

    Rispal
    Nom assez fréquent dans le Cantal. C'est sans doute un toponyme désignant un lieu broussailleux (francique hrispa, bas-latin rispa). Il existe un hameau appelé Rispal à Menet (15), ainsi que la Grange de Rispal à Saint-Amandin (15). Mais on peut aussi y voir un sobriquet, présentant un individu de haute taille (de la pelle à feu, munie d'un très long manche).

    Rodde
    Nom surtout porté dans le Cantal. Variantes : Roddes (43), Rode (24). C'est un toponyme très fréquent dans le Massif Central, où il peut avoir deux sens : soit une roue de moulin, soit un lieu broussailleux. Les Rodde sont présentés comme des charrons, spécialistes du bois, de tout ce qui tourne et roule (charrettes, roues de moulin...).

    Sabatier
    Le cordonnier.

    Sartre/Soustre
    Le tailleur d'habits.

    Serre (Serra, Serres, Sierra)
    Toponyme (lieu) désignant une ligne de crête, aussi bien en haute qu'en moyenne montagne (latin serra = scie, avec une
    métaphore facile à comprendre). Plus particulièrement, en Languedoc et en Catalogne, on désigne par serre une colline étroite et allongée, résultant de la fragmentation d'un plateau par des vallées parallèles. A noter que Sierra est la forme castillane. Le nom Serra est également fréquent en Italie. 

    Tissandier
    Le tisserand.

    Veschambre
    Un nom typique du Cantal. Il désigne la filasse du chanvre, et c'est donc un surnom donné à l'ouvrier qui broie le chanvre, qui procède au teillage. C'est également le sens qu'il faut donner aux noms Veschambe (46), Veschambes (17, 66), Veschembes (64), sachant qu'en occitan le chanvre se disait cambe, chambe.

    Vessier
    Le noisetier a inspiré ce nom.



    Toponymie

    La toponymie est l'étude des noms de lieux. Elle est inspirée soit du relief, soit de la géographie, ou bien d'un personnage local, d'un sobriquet. Quelques toponymes intéressants, inspirés généralement du latin et de l'occitan (certaines observations ne sont que de simples suppositions...)

    Alberoche (Collandres) : les roches élevées
    Brocq (Menet) : toponyme désignant un éperon rocheux ou un endroit couvert d'arbustes épineux (ancien occitan)
    Chapsal (Saint-Amandin) : le mot signifie en occitan 'traversin' (capsal), il est employé ici de façon métaphorique
    (La)Chassagne/Chassagny (Saint-Etienne-de-Chomeil/Trizac/Saint-Amandin) : lieu planté de chênes
    Chavaroche (Trizac) : la roche creuse
    Cheyrouse (Trizac) / Le Cheyrier (Menet): de "la cheira" (auvergnat), coulée volcanique
    Clavières (Saint-Etienne-de-Chomeil) : l'enclos
    Coindre (Saint-Amandin) : correspond à l'ancien français "cointe", dont les sens sont nombreux (prudent, habile, mais aussi brave, vaillant, ou encore joli, élégant)
    Cotteughes (Trizac) : du celte cot, pierre, et ialos, clairière
    Espinasse (Collandres) : de "l'espinetta", l'aubépine : lieu recouvert d'arbustes épineux
    Falgère (Marchastel) : lieu planté de fougères
    Ferragne (Riom-ès-Montagnes) :  de l'ancien français ferain et de l'occitan feramia (= bête sauvage, également fantôme puis épouvantail)
    Ferrif (Apchon) : la première mention connue nous éclaire sur l'origine de ce curieux toponyme, appelé Villa Frigidus Rivus au XIIe siècle, autrement dit le domaine ou le village du ruisseau froid. Le nom devient ensuite Freyrif (1513), puis Feyrif, Férif, Ferrif, mais pendant longtemps les habitants ont conservé à leur façon le sens d'origine, le village étant appelé couramment Froid-Férif au XIXe siècle
    Fouilloux (Cheylade, Saint-Etienne-de-Chomeil) : endroit feuillu
    Freydefont (Trizac) : la source froide
    Journiac (Riom-ès-Montagnes)  :  nom de domaine gallo-romain, formé avec le suffixe -acum sur le nom de personne latin Juronius... Ou : endroit clair et ensoleillé.
    La Bastide (Cheylade) : désigne soit une petite ville fortifiée (vocabulaire médiéval), soit une ferme isolée
    La Chadefaux (Collandres) : du latin catafalicum, petite colline ou poste de guêt, voire lieu où se déroulaient les exécutions (fourches patibulaires ?)
    La Chatonière (Collandres) : le châtaigneraie
    La Chaumette (Le Claux) : sommet dénudé, pâturage de montagne
    La Cousty (Riom-ès-Montagnes) : la côte
    La Font Sainte (Saint-Hippolyte) : la source, fontaine sainte
    La Garde (Collandres) : tour de garde, puis forteresse (germ. warda)
    La Malaudie (Valette) : référence à une personne malade ou bien à une mauvaise terre
    La Margerie (Trizac) : diminutif de Marguerite, là où habitait une "Marguerite"
    La Maurinie (Le Claux) : Le nom du hameau daterait du moyen Age où un seigneur local aurait ramené d’une croisade une femme maure et l’aurait installée dans une maison seigneuriale située au fond de la vallée
    La Montagnoune (Collandres) : la colline
    Lapeyre (Le Claux) : lieu où se trouve un rocher, un chaos rocheux ou une pierre dominant le site
    La Sagne (Riom-ès-Montagnes) : endroit marécageux
    La Vidal (Apchon) : référence à une petite fille qui vient de naître, à un baptême ?
    La Volumard (Riom-ès-Montagnes) : le toponyme devrait au départ être un nom de personne germanique (à rapprocher de Volmard, porté autrefois dans l'Isère).
    Le Caire (Cheylade) : lieu surmonté d'un rocher, d'un sommet rocheux
    Le Coin d'Or (Marchastel) : référence aux couleurs du lieu lors de la floraison des genêts ?
    Le Coudert (Riom-ès-Montagnes) : espace inculte près d'une ferme,
    Le Fayet (Trizac) : le bois de hêtres
    Le Fraisse (Le Claux) : évoque la présence de frênes
    Le Gour (Valette) : le creux, le trou rempli d'eau, et surtout... la cascade !
    Le Jarry (Riom-ès-Montagnes) : lieu où pousse le chêne
    Le Sartre (Cheylade) : le tailleur d'habits (latin sartor) ou une terre défrichée.
    Le Traviel (Cheylade) : le vieux tra (c'est-à-dire « creux » : le tra, ancètre du buron, était des plus sommaires : il consistait en une ou deux pièces creusées dans le sol sous une couverture en mottes de gazon. Ce genre de bâtiment était de courte durée et on en changeait souvent comme en témoignent les nombreux entonnoirs visibles dans les pâturages)
    Le Verdier (Riom-ès-Montagnes) : le verger, ou le garde forestier
    Le Vernet (Cheylade) : bois planté d'aulnes (auvergnat lou vernhe)
    Les Bessonies (Trizac) : désigne des jumeaux
    Les Blattes (Riom-ès-Montagnes) : de "lou blat" (le seigle, végétal), terre plantée en blé
    Les Lignes (Valette) : désigne un ancien tisserand ?
    Lextrait (Collandres) : la vallée étroite, ou la bergerie
    Lou Pireyre (Collandres) : lieu de pierres (carrière ?). Cf Oupilheiro, Volpillère
    Marcombes (Valette) : de "coumba" (gaulois), vallée sèche. Cf également Malassagne (mauvais marécage).
    Menoyre (Menet) : tire forcément son origine de la pierre (maen)
    Montauteil (Riom-ès-Montagnes) : le sommet de la haute clairière
    Neuvialle (Saint-Etienne-de-Chomeil) : le nouveau né ?
    Pouzol (Marchastel) : le petit puits
    Pradal : la prairie (occitan)
    Pradines (Cheylade) : la muraille, la clôture (latin parietina) ou les ruines (pariatinae)
    Puech Redoun (Collandres) : le puy rond, maladroitement traduit en français par "suc de Rond"
    Rastoul (Saint-Hippolyte) : de l'occitan "rastolh", le chaume
    Ribeyrolles (Saint-Hippolyte) : les petits ruisseaux (cf également La Ribeyrette)
    Ridoux (Saint-Etienne-de-Chomeil) : nom d'origine germanique, Ridwulf (rid < ritan = chevaucher + wulf = loup)
    Riom (ès-Montagnes) : de "rigomagus", marché du Roi, ou bien "ritomagus", marché du gué
    Roche Salesse (Saint-Hippolyte) : la roche surmontée d'aulnes
    Roussillou (Riom-ès-Montagnes) : de l'occitan rossilha, le rouge-gorge ?
    Soleilhadoux (Menet) : toponyme très énigmatique (le soleil doux ? Et du latin ductus = ruisseau ?)
    Tronchoux (Valette) : zone pleine de souches ? 

     

    Soubro ? Soutro ? On trouve parfois sur les cartes ces deux termes. Soubro désigne la partie haute d'un village, Soutro la partie basse.

     

    Sources : geneanet.org/Jacques MALLOUET, Auvergne de nos Racines

     

    Les gentilés

    Comment appelle-t-on les habitants des communes du Pays Gentiane ?


    Apchon : apchonnais et apchonnaises (surnom bricous)
    Cheylade : cheyladais et cheyladaises (surnom cagadrinlhes)
    Collandres : collandriers et collandriaises
    Le Claux : -
    Marchastel : marchastellous et marchastellouses
    Menet : menétois et menétoises
    Riom-ès-Montagnes : riomois et riomoises
    Saint-Amandin : amandinois et amandinoises
    Saint-Etienne-de-Chomeil (anc. Saint-Etienne-de-Riom, Saint-Etienne-de-Menet, Rochers Républicains) : stéphanois et stéphanoises
    Saint-Hippolyte (anc. Saint-Hippolyte d'Apchon, San Chipogue en occitan) : saint-hippolytains et saint-hippolytaines (à confirmer, surnom gastous)
    Trizac : trizacois et trizacoises
    Valette : valettois et valettoises

    A propos des bricous
    C'est entre 1337 et 1453, date de la guerre de cent ans, que pour éviter une mort certaine, les habitants du village jetèrent du haut du Château d'Apchon, des briques de terres cuites, de l'huile bouillante et autres munitions artisanales aux Anglais. Depuis, on appelle les apchonnais les bricous et le Comité des fêtes a adopté ce nom.


    A propos des cagadrinlhes
    La veille de la Saint Léger, le 2 octobre, les femmes avaient coutume de venir déposer au pied de son image des nourritures variées : fromages, beurre, saucisses. Elles se doutaient bien que ces cadeaux étaient consommés par le curé, homme de chair, plutôt que par un homme des bois, mais qui leur servait d'interprète. Une année cependant qu'il n'avait pas envoyé la pluie comme il aurait du, elles décidèrent de le priver de nourriture. Et que se passa-t-il ? Le lendemain, le saint avait disparu. Voilà tout le monde partit à sa recherche. On finit par le retrouver au Bois-Grand, sous un alisier, une grappe d'alises dans la bouche, de ces fruits qui ressemblent à des cerises, en plus dur, dont les oiseaux sont friands. On le rapporta dans son église où il voulut bien recommencer ses miracles. Voilà comment les habitants de Cheylade furent considérés comme des mangeurs d'alises*.

    *
    Jean Anglade a voulu rester correct mais "cagadrinlhes" signifie littéralement "chieurs d'alises".

     

    Jean ANGLADE in Les Puysatiers

     

    A propos des gastous
    Saint-Hippolyte, (en auvergnat San Chipogue), était un saint très pauvre et très âgé, il recueillait la Vierge des Bergers pour les mauvais jours, dans sa petite église chenue et décrépite, toute chancelante et vieillesse. D'après la tradition, les paroissiens offraient des gates (pois) à leur saint, le jour de sa fête. Un jour, on lui refusa son tribut séculaire. Le saint disparut. Il était dans un champ de pois, la bouche remplie de ces légumes. De là vient le surnom de gastous qui fut donné aux habitants de Saint-Hippolyte.

     

    Annette LAURAS-POURRAT, Guide de l'Auvergne mystérieuse


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  • La langue, les us, coutumes, pratiques, croyances, superstitions, contes et légendes... Les traditions orales, autrefois très ancrées dans le Cantal, perdurent encore, pour certaines...

    Le "patois"

    Les plus conservateurs préfèrent parler de "langue occitane" ou de "dialecte auvergnat", car il est vrai que le terme patois peut avoir une connotation péjorative. Il est encore usité dans certains foyers mais l'UNESCO le présente, à juste titre, comme en danger... Mais on peut compter sur le travail de certaines associations (cours d'occitan, veillées contées...), écrivains régionaux (Besson, Mallouet, Bourgeade, Andraud...) et médias locaux (presse écrite, radios...) pour perpétuer cette tradition.

    La radio RBA propose, tous les mardis et dimanches à 19 h, une émission consacrée au patois auvergnat. En voici quelques extraits du mardi 13 septembre 2011 (n'hésitez pas à monter le son au maximum pour une bonne compréhension).

    >> Extrait 1
     >> Extrait 2
     >> Extrait 3
     >> Extrait 4
     >> Extrait 5
     >> Extrait 6
     >> Extrait 7
     >> Extrait 8
     >> Extrait 9
     



    Quelques expressions de base de l'auvergnat, avec la prononciation du pays riomois

    -
    Bonjour : bonjorn (prononcer boundzou)
    - Bienvenue, finissez d'entrer : achaba d'intrar (prononcer atsaba d'in'trar)
    - Ca va / Comment ça va ? : Quò vai ? / Cossi quò vai ? (prononcer kovaï / quiché kovaï) 
    - S'il te plait / S'il vous plait : Se te plai / se vous plai (prononcer chitéplaï / chivouplaï)
    - Excusez-moi : Escusatz-me (prononcer escusa-mi)
    - Pouvez-vous m'aider s'il vous plait ? : Podria m'ajudar se vou plai (prononcer pouria m'adzuda chivouplaï)
    - Où se trouve la boulangerie ? Podria dire me oun dès la boulandjaïro ? (prononcer poudriamé diré oundi la boulandzaïre)
    - L'église : la glèisa
    - Monsieur / Madame : mossur / madame (prononcer mitsou / madame) > familier
    - Merci / merci bien : mercé / mercé ben (prononcer merché / merché bzein)
    - Au revoir : al reveire (prononcer ariveïre)
    - Quelle heure est-il ? : quino ora es ? (prononcer cougn'houra zi ?)
    - A demain : a demo (prononcer ademò)
    - Bonne nuit : bona nuèit (prononcer bouna newou')
    - Finissez d'entrer (entrez donc, = dépassez le pas de la porte !) : a
    chaba d'intrar (prononcer atchaba)
    - Qu'est-ce que c'est ? : Qu'es aqu
    ò ?

    - Le chemin (chemins communaux autrefois utilisés, notamment, pour transporter les animaux) : lou tsareiro (prononcer tsareirou, cf charreire)
    - Le marécage : la sanha 
    - La source : la font
    - Le tilleul : lou telh
    - Le frène : lou fraisse
    - Le hêtre : lou fau
    - Le noisetier : lou vaissa
    - l'aulne : lou vèrnhe
    - la pierre : la pèira


    Paroles de cantalou quelque peu énervé... Elles fonctionnent pour un animal comme pour une personne !

    Puta de bèstia ! : sale bête ! 
    Testadaz ! : tête d'âne, tête de mule, personne têtue 
    Miladiou ! : mille dieux !
    Bon diou ! (prononcer boundiou) : bon dieu ! (bon sang !)
    Le diable dans le cuol ! (prononcer kiou):  le diable dans le c.. !



    Prononciation de l’occitan classique

    Les voyelles
    Le i se prononce comme en français : un nis, de ris.
    Le u se prononce aussi comme en français (et non “ou” comme en espagnol !) : la luna.
    Le a tonique garde la même prononciation qu’en français : un pastre. Il se prononce “o” en majorité, lorsqu’il est en fin de mot (ou suivi d’un s) : una cadièra, una camisa.
    Le è se prononce “ouvert”, tout comme en français : un mantèl, un castèl. En revanche, le e qui ne comporte pas d’accent se prononce “é” : negre, irange.
    Le o se prononce “ou” : un ostau, lo solelh. Mais lorsque ce ò a un accent grave, il reste prononcé “o” : un estilò, un bòsc.

    Les consonnes particulières
    Le groupe de consonne lh se prononce comme dans le français de “escalier” : una fuèlha, una botelha.
    Le groupe de consonnes nh est l’équivalent du “gn” en français : la montanha, una castanha.

     

     

    Les coutumes

    D'après Jacques MALLOUET, Entre Dordogne et Puy Mary. Jacques Mallouet, instituteur, consacra sa retraite à l'écriture d'ouvrages au sujet de la terre sur laquelle il grandit, à Valette.


    Le charivari

    Jadis, à la nuit tombée, certains habitants organisaient un charivari sous les fenêtres d'un veuf qui désirait à nouveau convoler. Le vacarme débutait une semaine avant la date des épousailles, se poursuivant chaque soir. Et tous les instruments étaient bons, tous autant bruyants les uns que les autres : violons et cabrettes certes, mais aussi poêles à frire, trompes fabriquées à partir de cornes de bovin, sifflets, couvercles, vieilles lessiveuses ou encore douiros (composés d'un pot en grès et d'une peau de mouton ; donnant un son s'apparentant au meuglement d'un taureau en colère !)... S'ajoutaient à cette cacophonie des chansons paillardes, des imitations de cris d'animaux et autres clameurs.



    Les reveilhès

    Durant le Carême, les jeunes faisaient la quête d'oeufs frais dans les maisons campagnardes. Comme son nom l'indique, cette quête se pratiquait la nuit, et ses acteurs étaient souvent accompagnés d'un cabrettaire ou violoneux. A l'approche de la porte d'une habitation, l'un chantait : "Réveilhoun, réveillez ! Car voici l'heure. Un Dieu pour nos péchés. Faut bien qu'il meure". Puis sollicitait un don : "A qui nous donnera de bonne grâce, la part du Paradis lui sera faite... Celui qui donnera de mauvaise grâce, tout au fond de l'enfer aura sa place !" Les donateurs avaient droit à un chant, mi-religieux mi-profane. Cette tradition perdure grâce à la volonté des associations locales, comme Les Amis d'Apione (extrait du Réveil cantalien du vendredi 29 avril 2011) :

    C'est le chant des amis d'Apione qui passent pour les Réveillés... "Donnez des oeufs, donnez des oeufs !", et des oeufs, ils en ont récolté de quoi faire une grosse omelette qu'ils vont déguster tous ensemble. Si la tradition des Reveillés est toujours bien vivante en Pays Gentiane, on le doit aux associations qui oeuvrent toute l'année pour que perdure notre patrimoine, les "Amis d'Apione" en faisant partie intégrante. Pendant deux week-ends, sans ménager leur peine, ils sont allés de village en village, de ferme en ferme, aucun hameau n'a été laissé de côté, frappant de porte en porte en chantant la traditionnelle "passion du christ" et criant "cacailloux, cacailloux" ! Il étaient une bonne dizaine, l'accordéoniste en tête avec la joueuse de vielle à roue, et c'est dans le bourg de Collandres que nous les avons rencontrés, devant le café "chez La Marcelle", qui, férue de musique et de danse, hôtesse accueillante comme nous le savons tous, les a fait entrer. Là le spectacle a redoublé, Fifi et Cédric en tenue se sont déchaînés sur une bourrée, les morceaux se sont enchaînés avec "si j'étais cultivateur", "la bourrée de la Gentiane", "la bourrée de Colonge" et tant d'autres. Mais la tournée n'était pas finie, ils sont repartis vers d'autres portes en criant "cacailloux, cacailloux" accompagnés en musique. Et si les "Amis d'Apione" ont pris du plaisir à porter de village en village la traditions des Réveillés, nous avons pris beaucoup de plaisir à les voir danser et chanter sur des airs de chez nous ! 

    >Les réveillés 2012
    Vidéo :
    http://lafeuilleamta.fr/?p=10241
    Ecoutez les chants des réveillez : http://lafeuilleamta.fr/?page_id=10068

    >France Bleu Pays d'Auvergne


    Le mardi-gras

    Chaque année, à l'occasion du mardi-gras, dernier jour du carnaval, un bonhomme de paille était brûlé sur un suc dominant le village. Une pratique qui a été relancée, à Cheylade ou Apchon notamment, mais dans le bourg cette fois-ci. La semaine précédent le "sacrifice", les jeunes passaient dans les fermes demander des bottes de paille entreposées dans les granges, la paille devant recouvrir le squelette, fabriqué à base de frêne. A l'heure du sacrifice, l'on dansait autour du bonhomme de paille, en chantant "Paouré Carnabal ! Tu t'en bas, e leu damoré !" (Pauvre Carnaval ! Tu t'en vas, et moi je reste !)


    La Saint Cochon 

    La Saint-Cochon, comme la mangounhe/mangeouno, fait partie des termes qui évoquent le jour où on tue le cochon, le jour où on tue le « monsieur », le jour où on prépare pâtés, saucissons, jambons… Cette fête traditionnelle rurale française, dont la date est plus ou moins variable, est toujours célébrée dans le Cantal, à titre privé voire public (Festa de la Mangona, à Laroquebrou au mois de mars), et s'accompagne de réjouissances entre voisins. 


    Foires traditionnelles 

    Il existe aujourd'hui encore des marchés importans dans la région de Riom-ès-Montagnes, notamment le grand marché les 2e et 4e mercredi de chaque mois, ainsi que des foires (chevalines et bovines), qui se tiennent à Riom-ès-Montagnes et Trizac. Mais ce n'est rien à côté des foires qui se tenaient vers 1900. A l'époque, on s'échangeait bétail et fromages contre du blé, du vin ou des fruits du "bas pays". A Riom-ès-Montagnes, il y avait la Foire Saint Georges, le 23 avril (avant l'estive), puis la Foire Saint Michel, le 29 septembre (après l'estive), où l'on exportait les bovins notamment vers l'Aveyron, le Poitou et la région toulousaine. La Foire Saint Michel réunissait 10 à 15 000 visiteurs issus du Cantal et des départements voisins ! Trizac était l'autre centre très actif du canton.

    A Marchastel, la Foire de la Loue a été relancée après plusieurs années de sommeil. Articulée autour d'une foire aux ânes, un vide-greniers, un concours de fauchage à l'ancienne, une démonstration de bûcheronnage, un spectacle et le traditionnel feu de la Saint-Jean, cette foire était initialement le point de rendez-vous pour venir se "louer" afin de trouver du travail dans les champs, le temps de la belle saison. La Foire de la Loue se déroule au mois de juin.



    La fête patronale

    La Fête patronale existe toujours, et marque un passage important dans le programme des festivités des communes. Le culte du saint patron de la paroisse est synonyme de liesse, de bien-manger, et est marquée par de nombreuses animations, manèges, stands forains et jeux divers comme le "massacre des toupines". Ce jeu traditionnel consiste à frapper, les yeux bandés, des pots suspendus à des fils de fer. Un coup de bâton bien placé, la toupine se brise, laissant tomber un lapin, un coq ou un canard. Mais on peut aussi recevoir sur la tête de l’eau, de la farine ou un liquide nauséabond… Il y avait aussi "lou virouli", un disque horizontal que l'on lançait à toute vitesse dans le but de remporter un bol, un verre, des bijoux de pacotille... L'ancêtre de la loterie contemporaine !

    Une autre pratique propre aux fêtes patronales était les reinages. Un roi et une reine achetaient aux enchères les emblèmes de leur royauté, soit la mitre soit la crosse du saint de la paroisse. Ils avaient l'honneur de présider la fête, marcher en tête de la procession, d'avoir une place d'honneur à l'église, mais ceci profitait surtout aux curés !



    La veillée 

    Jadis, au fort de l'hiver, quand le gel mordait au long des dures nuits étoilées, ou quand le ciel bas déversait sur la campagne un insidieux amoncellement neigeux, « l'oustaou » – la maison auvergnate – vivait intensément.

    Dès le crépuscule tombé et les soins aux animaux terminés, la tempête pouvait hurler dans les bois, l'écir danser sa folle sarabande sur la lande : le logis tiède était un refuge confortable et paisible. Un peu déserté pendant les travaux d'été, il avait vu revenir à lui toute l'animation des champs. Alors, cinq mois durant, de la Toussaint au temps pascal, la veillée régnait...

    La veillée était une solennité. Elle avait pour décor l'unique pièce de la chaumière, qui servait à la fois de salle à manger, avec sa massive table de frêne flanquée de deux bancs sans dossier, et de chambre à coucher, avec ses lits-placard précédés d'un marche-banc, secrets derrière leurs rideaux d'indienne. Mais la cérémonie intime déroulait ses rites dans le « cantou », âme de la maison.

    Les gens des villes vous diront que le cantou, c'était le coin de l'âtre. C'était bien autre chose ! Le cantou était une ambiance, une intimité, un art de vivre. Il permettait d'apprécier le quotidien, sans fébrilité. Il sentait le passée, la vieille cendre. Y flottaient la sagesse et toute la philosophie narquoise de nos aïeux. Les initiés seuls étaient admis. En voulez-vous la preuve ?

    Lorsqu'un étranger – entez un non-familier, et pas nécessairement un inconnu – avait franchi le seuil de la pièce, il n'était pas encore entré dans la maison. L'usage voulait qu'il demeurât immobile jusqu'à ce que l'hôte lui ait dit :

     

    • Achabas d'intrar !

     

    Cette invite signifiait que le visiteur pouvait s'avancer et avait l'insigne honneur de prendre place à côté du maître de céans, près du feu. Oui, le cantou était aussi une hospitalité, d'apparence bourrue, mais chaude et profonde. En somme, la salle commune n'était que le vestibule de la maison, analogue au narthex des basiliques romanes. Le canton en était le sanctuaire. Là se passaient les veillées...

    Le génie de se sanctuaire était le feu de bois, flambant pendant le jour pour aider aux travaux domestiques, couvant sous la cendre, dès la fin de la veillée, tout au long des nuits hivernales. Flammes, claires, ivres de vie, ou tisons agonisants ne jetant qu'une avare lueur, le feu était une présence amie, un compagnon, un protecteur. Il ne s'éteignait jamais.

    Pendant les tristes mois de claustration des hivers, nos ancêtres avaient tant contemplé ses flammes qu'ils entendaient les langages du feu. Si une petite langue bleue s'échappait de la bûche en sifflant, c'était signe de vent. En observant sa direction, on connaissait celle de l'aquilon ou de la brise du lendemain et des jours suivants. Si le bois pétait, dégageant des myriades d'étincelles, il importait de calfeutrait les soupiraux de l'étable et de préparer sa pelisse : la gelée serait ride. Si les flammes peinaient pour s'élever, si la fumée stagnait dans le conduit, répandant une odeur d'humus et de mousse du sous-bois, une longue période de pluies et de frimas s'annonçait. Par contre, la cheminée sentait-elle la suie ? La canicule s'installait à coup sur.

    Qu'était-ce, une veillée ? Avant toute, une réunion d'amis. Ils arrivaient, après avoir affronté les épouvantes de la nuit auvergnate, les loups-garous et les feux follets. Ils venaient « passer un moment » au cantou.

    Une veillée cantalienne, c'était « se carrar » et « batalhar ». « Se carrar » signifie être bien, se sentir à l'aise, dans la complète détente du corps et la sérénité de l'esprit. C'est aussi être en harmonie avec ses amis, dans une ambiance sympathique, sans affectation. En un mot comme en quatre : se retrouver chez soi. Quant à « batalhar », c'est deviser et non discourir, porter un jugement et non calomnier, plaisanter et non persifler, et surtout, conter, avec art. Le « batalhaïre » était l'animateur recherché de ces réunions. Grâce à lui, un ululement de hibou entendu un soir d'automne n'était pas le cri de l'oiseau en chasse, mais les vociférations dru démon acharné contre l'âme d'un enfant mort sans baptême. Alors, l'imagination des assistants enfantait ces légendes où erraient les esprits du purgatoire, auxquels Dieu a ordonné de parcourir un certain chemin, poursuivis par une meute de chiens hurlants. Le cantou se peuplait d'être surnaturels. Un silence inquiétant tombait...

    Et puis, on parlait de tout et de rien, des menus faits quotidiens, des choses d'autrefois et d'hier, des cours de la dernière foire et des récoltes de l'été, des origines de telle propriété, des brouilles et des chicanes villageoises, pour l'eau du ruisseau ou le bornage d'un communal. Et des sornettes et des galéjades à n'en plus finir ! Tous les sujets étaient abordés, malgré la présence des jeunes enfants : la langue d'oc offre tant te nuances et de demi-teintes que, même dans un sujet scabreux, on ne peut être ni grossier, ni obscène !

    La conversation n'empêchait pas les activités manuelles. Les femmes filaient à la quenouille, tricotaient des chaussettes sur une armature de quatre aiguilles disposées en carré, confectionnaient au crochet d'épais tricots de laine rousse.

    Les hommes fabriquaient des paniers en aubier de noisetier, des corbeilles oblongues qui contiendraient indifféremment les draps de la lessive ou les entrailles fumantes du porc. Certains polissaient un manche d'outil ou guillochaient une canne, d'autres torsadaient la paille de seigne pour bâtir « un palha », utilisé comme récipient pour laisser lever la pâte du pain ou vannier le blé. Un peu à l'écart, des jeunes fourbissaient un piège à renard, ou montaient des lacets en fil de laiton. Ils jouaient parfois à la manille, ou à une espèce de poker simplifié, connu sous le nom de « lo bourro ».

    Le temps passait-il ? Caché dans une rainure de l'âtre, le grillon avait stridulé les secondes dans que nul ne s'en fût aperçu. Le son fêlé de la vieille pendule battant minuit surprenait toujours les veilleurs.

    En un instant, la table était dressée. Pain et fromage surgissaient du tiroir, jambon rose et saucisson fumé à point étaient décrochés de ma maîtresse poutre. Quand arrivaient les châtaignes, grillées dans une « padello » perforée, ce repas complet parfumé d'un litre de vin rouge avais mis la compagnie en liesse. Il suffisait alors qu'un jeune fredonnât une air : naturellement, la bourrée éclatait, animée par le cabretaïre, l'accordéoneux ou le violonaïre plus au nord. Mais peu importait qu'on n'eût aucun instrument pour marquer le rythme : parfois la voix suffisait, les figures se formaient. C'était la fête !

    >> Vidéo d'une veillée familiale à Apchon (Archives départementales du Cantal)

     

    Musiques et danses traditionnelles

    Les instruments les plus typiques sont la cabrette, le violon ou bien l'accordéon diatonique. Les danses pratiquées sont la bourrée, mais aussi des danses plus récentes comme la valse ou le scottish. A Riom-ès-Montagnes et dans les communes environnantes, lors des fêtes patronales ou lors des fêtes de terroir, deux formations font honneur à cette tradition musicale : les Ariomdoux et les Amis d'Apione. On les retrouve notamment pendant la Fête de la Gentiane et la Fête du Bleu d'Auvergne, vêtus de la tenue traditionnelle auvergnate.

    >> Ecouter un extrait musical
     >> Les Amis d'Apione en vidéo (dailymotion.fr)
     >> Les Ariomdoux poussent la chansonnette (youtube.fr)

     

    La Fête de la Rosière

    Dans les dictionnaires, on définit la rosière comme "une jeune fille qu'on récompense pour sa réputation vertueuse". Instituée d'après la légende par Saint Médard au cours du Ve siècle, la Fête de la Rosière est perpétuée dans plusieurs communes françaises. Elle consiste en la remise d'une couronne de roses à une jeune fille dont la conduite irréprochable, la vertu, la piété et la modestie aura marqué le village.

    A Riom, cette coutume fêtera ses 90 ans en 2013. La tradition de la Rosière perpétrée dans la cité cantalienne depuis 1923 est née de la volonté d'une riomoise. Cette riomoise, c'est Elizabeth Espinasse qui, par voie testamentaire, léguait le 15 juillet 1903 à la commune de Riom-ès-Montagnes "une rente de 3 % perpétuelle de 500 francs". Dans son testament, elle stipulait les conditions requises pour devenir une rosière : "la rosière doit être une jeune fille âgée de 18 ans à 25 ans, qui s'en sera rendu digne par sa bonne conduite, le bon exemple qu'elle aura donné et les soins affectueux et dévoués qu'elle aura témoigné envers ses pères et mères ou les membres de sa famille" (archives du Pays de Riom-ès-Montagnes). Une commission composée du Maire de Riom-ès-Montagnes, du curé de la paroisse et du trésorier de la fabrique de la dite paroisse est chargée d'élire la rosière. La première Rosière honorée fut Henriette Dumas en septembre 1923.

     

     

    Elizabeth Espinasse, l'instigatrice

    de la Fête de la Rosière à Riom-ès-Montagnes

     

    Le dimanche matin, les élus de la commune accompagnés de la fanfare municipale se dirigent vers le lieu d'habitation de la future Rosière, où se forme le début du cortège. S'ensuit la messe (10 h) puis le défilé de la Rosière à travers la ville. En fin de matinée, sur le perron de l'hôtel de ville, le maire fait l'éloge de la jeune fille et termine son discours en la déclarant Rosière de l'année. Une couronne de roses blanches lui est alors posée sur la tête, suscitant les applaudissements des spectateurs.

    Si depuis, la tradition a évolué, l'esprit demeure. En effet, le fait d'être choisie comme Rosière représente toujours un grand honneur. Le défilé avec les demoiselles d'honneur est le moment phare de cette fête mais depuis quelques années, il est accompagné d'animations musicales et chorégraphiques (1), tout au long du week-end. Ainsi, la Rosière tend à symboliser un peu plus la jeunesse et le dynamisme riomois et le rendez-vous a été rebaptisé "Fête de la Rosière et de la jeunesse".

     

     

    (1) Le groupe folklorique Les Ariomdoux, qui transmet un autre patrimoine, celui des danses et musiques régionales, est bien évidemment convié aux festivités.

     

     

    Contes et légendes

    Particulièrement riches, elles offrent une grande variété de personnages : sorcier(e)s, spectres, serpents, fées, loups et loups-garous (ou galipotes) ou encore le diable (ou drac), qui prend souvent l'apparence d'animaux, de chevaliers ou de seigneurs. Surtout, même si ce ne sont que des légendes, elles nous éclairent toujours sur l'histoire, la place de la religion, les croyances d'autrefois.

    Laissez-vous conter en occitan la légende de Rocherousse.
    >> Ecouter Didier Huguet

    Ce récit du pays de Marcenat ressemble à une histoire que quelques habitants de Collandres connaissent, la légende de l'Oùpilheiro. Nous sommes au Moyen-Age. L'Oùpilheiro, dont il subsiste encore quelques ruines (au nord d'Espinasse), est un village heureux car les épidémies l'ont toujours épargné. Un jour, un jeune et fringant cavalier arrive au village et, s'apercevant que celui-ci grouille de serpents, propose aux habitants de s'en débarasser en attirant les "bobas" dans le four du village à l'aide de jarres de lait. Les serpents accourent et, dans un grésillement de chair, périssent dans le feu. Le nombre de reptiles s'amoindrit. Soudain, un dernier serpent, énorme, apparaît et, arrivé à la gueule du four, gonfle son col et prononce ces mots : "Malheur à vous, habitants de l'Oùpilhèiro ! Avant de rejoindre mes frères, je vous prédis de grandes infortunes. Si votre village était à l'abri des épidémies, c'est à nous, serpents, qu'il le devait. Nous avions le privilège d'arrêter les contagions. Maintenant que nous ne sommes plus là, les pires fléaux, des calamités terribles, vont fondre sur vous." Il a encore ces paroles énigmatiques : "Aieu ! Lo darrièro ! A ieu ! L'Oùpilhèiro ! » (A moi ! La dernière ! A moi ! L'Oùpilhère !). La suite, vous la devinez... Les prédictions étaient bonnes, et tout le village (animaux y compris) succomba à la terrible épidémie de peste.

    La femme louve d'Apchon. A la fin du XVIe siècle, un chasseur promit à son ami gentilhomme de lui ramener du gibier. Parti à la quête d'un animal, il tomba nez-à-nez avec un loup qui venait à sa rencontre. La lutte s'engagea et il coupa la patte droite du loup mais celui-ci parvint à s'échapper, bien qu'estropié. Le chasseur rapporta la patte à son ami mais en ouvrant la gibecière, ce n'est pas une patte mais une main de femme avec un anneau qu'il aperçut. Le gentilhomme reconnut aussitôt l'anneau : c'était celui de sa femme. Il alla questionner celle-ci, qui, auprès du feu, cachait son bras droit sous un châle. La malheureuse avoua qu'elle avait poursuivi le chasseur sous la forme d'un loup-garou, fut condamnée et brûlée.

    Le cabrettaire et le loup. Un musicien revenant de Dienne où il avait joué un bal, traversait le plateau du Limon. Tout à coup, il s'aperçut qu'il était suivi... par un loup ! Les loups étant effrayés par la musique, il s'immiscea dans le bédélat d'un buron puis attendut sagement l'animal. Quand celui-ci s'introduit dans la pièce, il ferma la porte en la poussant du pied. Puis se mit à jouer de la cabrette. Le loup en l'entendant eut une peur terrible, une telle peur qu'il se tapait la tête sur tous les murs du buron si bien qu'à la fin il s'assomma. Finalement, notre musicien put reprendre la route vers Cheylade.

    Un événement paranormal à La Morel. La Morel est un hameau situé entre Riom-ès-Montagnes et Collandres. On y parle encore des revenants qui agitaient les chaînes, dans les greniers, à l’époque de la pleine lune, et aussi de cet événement énigmatique survenu au siècle dernier. Une nuit, un paysan du lieu entendit les boeufs « s’abriougàr » (meugler de terreur) dans l’étable. Pensez à la stupeur quand il découvrit… deux vaches liées au même licol, la langue pendante, mortes étouffées ! Un méfait du drac, forcément !

    La Tombe de l'Anglais. Voici un récit très prenant de la vallée de la Petite Rhue. Il a été traduit en bande dessinée par le dessinateur de bande dessinée cheyladais, Callixte.
    >> Consulter l'histoire

    Les fées du lac de Menet. Il y a fort longtemps, sous le Puy de Menoyre, sur le versant arrosé par le lac de Menet, existait une grotte. Dans cette grotte vivaient paisiblement quelques fées. La légende raconte qu'un jour, une bergère osa les déranger. Les créatures, en colère, se jetèrent sur elle... Malgré de longues recherches de la part des habitants de Menet, on ne retrouva jamais la bergère.

    La Croix de la Pagis. Autrefois, le voyageur qui passait, de nuit, à la Croix de la Pagis (Riom-ès-Montagnes), entendait des gémissements, des plaintes d'enfants, semblant monter des entrailles de la terre. Presque toujours pris de peur, il s'éloignait en toute hâte. Mais si, plus courageux, il s'arrêtait, prêtait l'oreille, au milieu des sanglots, il démêlait des voix jeunes qui suppliaient "
    Moun piri, moun piri" (mon parrain, mon parrain !) Un jour, un passant curieux, après être resté sans voix pendant plusieurs minutes, répondit brusquement "Piri di toutis !
    " (Parrain de tous !) : les gémissements céssèrent, le piédestal de la croix laissa s'échapper deux enfants. L'homme alla puiser de l'eau au fossé voisin puis baptisa les deux enfants. Voyant que personne parmi ses amis ne croyait ce qui lui était arrivé, il invita ses compagnons à se rendre auprès de la croix pour y trouver des traces de l'événement nocturne. Stupéfaction, les deux enfants dormaient d'un sommeil heureux, souriants, calmes et apaisés. Mais il n'y avait plus là que leurs froides dépouilles, leurs âmes régénérées par la grâce, après des siècles d'attente, s'étaient hâtées de prendre leur essor vers le Paradis ! Des histoires comme celles-ci, des récits d'esprits délivrés, d'enfants morts sans baptème, le territoire en regorge, ce qui prouve que légendes et religion étaient intimement liées il y a encore quelques dizaines d'années. 

    Le Trésor des Routisses. Aux Routisses, plus ancien quartier de Riom-ès-Montagnes, sur les pentes raides qui descendent de Giou et de Rignac, la tradition parle d'un trésor enfoui dans un souterrain muré au milieu des ruines, à proximité de la fontaine Saint Georges, et dont le gardien est un féroce serpent reconnaissable à l'anneau d'or dont il est entouré.

    La Font Sainte. Accompagnant les pâtres en procession dans la vallée comme dans les hauts-pâturages, la « Vierge des Bergers » a fait la légende de la Font-Sainte. On raconte qu'un jour, la Vierge frappa la pierre de ses doigts, faisant jaillir par trois endroits une fontaine d'eau limpide. Ainsi naquit la Font-Sainte, source abondante et fraîche « qui jamais mal ne fit et qui souvent guérit ! ».

    Mais connaissez-vous l'origine du Sanctuaire de la Font Sainte ? Vers 1740, suivant son habitude, Marie Galvain, paysanne de Rastoul, faisait son pèlerinage à la Font Sainte. Elle se tenait à genoux auprès de la fontaine et faisait ses prières, lorsque tout à coup elle aperçut la Très-Sainte Vierge, sous la forme d'une grande dame, richement vêtue. Elle avait un air de majesté céleste qui inspirait la confiance et l'amour. La pauvre paysanne, comme on peut bien le penser, fut saisie d'un tremblement, et cette vision fit sur elle une impression si profonde, qu'elle ne pouvait ensuite en parler sans verser des larmes. Cependant la Sainte Vierge s'était mise à parler et elle disait ceci : « Marie j'étais bien plus honorée sur cette montagne autrefois qu'aujourd'hui. Mon oratoire n'existe plus et plusieurs de mes enfants oublient leur mère parce qu'ils ne voient plus mon sanctuaire. Il faut, ma fille, que vous fassiez rebâtir ce petit oratoire. Je vous ai choisie pour cette bonne oeuvre. Vous le ferez reconstruire sur le fontaine et vous direz que je veux même que, plus tard, on m'élève une chapelle au-dessus de ce lieu, à droite, sur la plaine, à l'endroit où vous trouverez une pierre marquée d'un signe. Cette pierre est actuellement placée devant la porte de la chapelle et ce signe indiqué par la Sainte Vierge serait, dit la légende, l'empreinte de ses pieds. Marie Galvain alla voir l'évêque de Clermont, Monseigneur Massillon, qui lui donna l'autorisation de recueillir des offrandes qui permirent de construire la niche puis l'oratoire en 1743/1744. On y plaça une statue de la Vierge présentant son fils, statue cachée chez un habitant de Saint-Hippolyte durant la Révolution. C'est en 1835 que commença la construction d'une première chapelle, elle fut bénie le 8 septembre 1837. Le pèlerinage de la Font-Sainte devint alors l'un des sanctuaires les plus visités du diocèse.

     

    Le Paysan et la Sorcière. Cotteughes fut jadis habité par des fées ; obligées de l'abandonner sans qu'on puisse savoir bien pourquoi, elles y ont laissé des trésors immenses qu'elles viennent rechercher au milieu de ses débris. Il y a quelques années, un montagnard, égaré dans la foret, se trouva tout-à-coup en présence d'une petite vieille, toute décrépite, qui traînait à grand'peine une énorme marmite de bronze, sans doute remplie d'or, et qui disparut dès qu'elle l'aperçut. On sait même où gisent ces trésors et les conditions auxquelles il serait possible de les trouver. Dans la foret est une vaste dalle portant un anneau de bronze : elle recouvre l'entrée du souterrain où il sont enfouis ; mais elle est cachée avec soin sous des pierres et des broussailles, et il n'est donné de la découvrir que le jeudi saint ou le dimanche de Pâques, pendant la célébration des offices.

    Les Cinq Chemins de Valette. Entre le bourg de Valette et le hameau de Marcombes, les Cinq Chemins alimentèrent de nombreux récits. Des créatures diverses habitaient chacun des "tsarreiros" : géants, sorcières, naiades, loup-garou, fées. Tout ce petit monde se réunissait lors des soirs de pleine lune...


    Voir aussi (pays-gentiane.com) :
    >> 
    l'inventaire des contes et légendes du Pays Gentiane 
    >>
    livret "contes et légendes du Pays Gentiane"

     

    Sources : Jacques MALLOUET, Entre Dordogne et Puy Mary / Jean-Baptiste DERIBIER DU CHATELET, Dictionnaire statistique du département du Cantal / Antoine TRIN / M. BLANC / Paulin MALGA / Odette LAPEYRE / Syndicat d'initiative de la vallée de Cheylade / Collège nationalisé mixte de Riom-ès-Montagnes, Au bord des puys / Mathias DE GIRALDO, Histoire curieuse et pittoresque des sorciers, devins, magiciens, astrologues / COMBES, Manuel du pèlerin de la Font Sainte


    A propos... Les personnages légendaires dans l'art religieux


    Certains personnages, souvent inspirés de la Mythologie, apparaissent dans les églises du pays de Riom-ès-Montagnes. Les sauroctones (tueurs de dragons : Saint Georges, Saint Michel...) apparaissent sur un vitrail et une statue en bois de l'église Saint Georges de Riom-ès-Montagnes (Saint Michel terrassant le dragon, photo), puis sur les sculptures des églises Saint-Etienne de Saint-Amandin et Saint-Pierre de Menet. Ils symbolisent la lutte entre le bien et le mal. 
     

    Autres personnages, la sirène bicaudale (Riom-ès-Montagnes, Trizac, Menet, Saint-Amandin), traduisez à deux têtes; le basilic (serpent); l'oiseau à deux têtes; la Gorgone, femme à chevelure de serpents (église Saint-Léger de Cheylade). Tout comme le serpent, le diable est constamment représenté, notamment à l'église Saint-Martin de Collandres.
     

    Sources
    http://enpaysgentiane.kazeo.com/escapades/circuit-des-eglises-romanes,a738340.html
    http://lepoignardsubtil.hautetfort.com/tag/Valrhue


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    Le rôle des buronniers

    L'organisation du travail entre les buronniers était très hierarchisée. Le vacher était en charge de la traite, responsable du cheptel et de la fabrication du fromage. Il était accompagné du boutiller, qui aidait le vacher dans ses travaux, et du pâtre, parfois appelé message. Celui-ci s'occupait des veaux (garde des troupeaux, surveillance pour les empêcher de téter pendant la traite) et aidait à toutes les tâches : il s'agissait d'un jeune homme recruté soit par connaissance, soit à l'issue d'une "foire de la loue". Boutiller et pâtre devaient obéissance au vacher. Le métier est pénible : on se lève dès 4 h du matin pour la première traite.

    Les outils du buronnier

     


     

    La catseuse : utilisée pour presser la "caillée" (apparition : fin XIXe)

    La clide : barrière de bois ajourée servant à parquer le bétail pendant la traite

    La muselière : elle empèche les veaux de téter.

    Le joug : pièce de bois utilisée pour atteler une paire de vaches.

    La corne à sel ou "sagui" : corne de vache attachée à la ceinture des hommes pendant la traite pour distribuer le sel aux vaches

    La gerle : récipient cylindrique en bois cerclée de fer (contenance de 100 à 160 litres) servant à transporter le lait depuis le parc jusqu'au buron

    La selle à traire : tabouret de bois à un seul pied fixé à une ceinture par deux lanières de cuir, utilisé pendant la traite

    La corde : durant la traite, le veau est attaché à la patte avant gauche de sa mère

    La forme : moule à fourme

    Le "coupou" ou "pousi" : écope conçue pour puiser le petit lait dans la "gerle"

    Le "tressadou" ou "atrassadou" : planche à trous qui permettait de brasser le caillé

    La pelle : avec elle, la tome est transférée dans le moule

    Le frénial : outil utilisé pour rompre le caillé

    La "fraiseuse" : pour broyer la tome (apparition : fin XIXe), elle a remplacé les doigts du vacher ou l'utilisation d'un couteau. Les brins de tome tombent dans la maie (ou "millet"), caisse de sapin, où intervient le salage et le malaxage de la tome.

    Le pressoir : comme son nom l'indique, il sert à presser le fromage pour en faire sortir le petit lait

    L'écrémeuse : pour extraire les matières grasses du petit lait. Le petit lait restant est donné aux cochons, la crème est utilisée pour faire du beurre de montagne.

    La baratte : sert à battre la crème pour faire le beurre. Production : 12 à 13 kg de beurre

    L'ancre : sorte de pioche fort utile pour arracher les gentianes (et donc atteindre leurs racines, profondes)

    Le joug d'homme : utilisé pour transporter la gerle de lait

     

    Aujourd'hui, le travail des gardiens de troupeaux a évolué. Les pistes sont davantage carrossables et le 4x4 permet de gagner du temps... Le Cantal reste le premier département français en ce qui concerne la transhumance bovine.

     

    Sources : Chamina, Valrhue, Coptasa


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  • A mon pays, Léon BOYER

    O mon Pays sauvage et doux, voici mes vers…
    Tu les reconnaîtras comme tes fils, peut-être ;
    Tes bruyères, tes puys, tes rocs les ont vu naître,
    Et vois : ils sentent bon tes âcres genêts verts.

    Ils sont frustes, rugueux comme tes houx amers,
    Tes brandes où l’on voit la rocaille apparaître,
    Heurtés des tintements des troupeaux qui vont paître
    Et battus du grand vent bleu de tes cieux ouverts…

    J’ai voulu qu’ils fussent gonflés de toi, ma glèbe !
    Que survécût en eux le geste de la plèbe
    Et qu’une âme vibrât du basalte moussu.

    Mais j’ai peur, oh ! j’ai peur que ne soient vains mes rêves…
    Et pardonne, Pays trop cher, si je n’ai su,
    Fils indigne, chanter tes granits et tes sèves !


    Falgère, Léon BOYER

    On m'écrit là-bas de chez nous !
    Le coucou chante en bois d'Algère...
    Et je revois nos coûteaux roux
    Et mon village de Falgère



    Le four de Bagilet, Léon BOYER

    Il se dresse au bout du village,
    Humble, moussu, tout décrépit,
    L’antique four croulant sous l’âge,
    Que les ancêtres ont bâti.

    Il a cuit le pain noir et maigre
    De nos lointains pères défunts,
    Il cuit encore notre pain aigre
    Qui fleure bon les seigles bruns.

    On voit bien qu’il est d’un autre âge
    Avec son air vieillot et las,
    Ses murs noircis qu’un long usage
    A craquelés du haut en bas,

    Que son toit lourd de granit penche,
    Que ses voûtes n’en peuvent plus,
    Et qu’il mourra, quelque dimanche,
    Ainsi qu’un pauvre vieux perclus…

    Il sert, pourtant, vaille que vaille,
    Et bien qu’il soit tout égueulé
    Et que sa porte geigne et bâille,
    Les nôtres y cuisent leur blé.

    Certains jours, il crépite et fume ;
    Par ses brèches, la flamme rit,
    Et les branches qu’on y consume
    Font tout rose le dur granit.

    Puis s’en viennent, la main aux hanches,
    Corbeille haute sur le front,
    Les femmes, en des toiles blanches
    Portant le pain qui sera blond.

    Et, longuement, la porte close,
    Le chaud basalte radieux
    Gonfle l’âme du seigle enclose
    Et dore le pain lumineux.

    Et tandis que, haute et sereine,
    La fumée, en le pur matin,
    Se mêle aux souffles de la plaine
    Et monte aux frais pâquis de thym,

    Hors de sa pierre qui s’effrite,
    Par tout le village embaumé,
    Le vieux four où le pain palpite
    Disperse son parfum sacré.

     

     

     

    Gentiane,

    L’aurore rosit les monts arrondis

    Du brouillard émerge la gentiane.

    Longue tige à feuilles élargies

    Fleur jaune imprégnée de soleil

    Racines enfouies profondément

    Tu éclaires la montagne

    Ponctuant l’espace d’exclamations.

    Image de l’homme d’ici

    Fier, taciturne et robuste

    Réservé et pourtant accueillant.

    Paraissant tout d’abord amère

    Tu te prolonges en saveurs 

    Au pays où tout est harmonie

    Symphonie et couleurs.

    Triomphant symbole jaune

    Tu enivres nos sens

    Sonnailles tintinnabulantes

    Caresses de vents purifiés

    Arômes de baies sauvages

    Saisonnalité aux touchers contrastés

    Richesses de tables opulentes

     

    La gentiane est ici chez elle

    Potion magique de plaisirs instantanés.

    Chronique d'André-François COULON (>>voir son site Internet)

     


    L'éloge de la cabrette, Camille Gandilhon Gens d'Armes

    O source vive de musique
    Où s'abreuve le rythme antique
    Auquel la bourrée obéit !
    O fille des Muses, musette,
    Laisse-moi te chanter, cabrette,
    Cornemuse de mon pays !

      


     

     "Il y a des pays où toutes les saisons sont filles du soleil. Il y a des pays où la terre tendre et brune est gourmande de blé et d'orge. D'autres pays où la mer, la rebelle, fait la pluie et le beau temps. Des pays encore où les montagnes sont si hautes qu'elles mangent le soleil.
    Dans mon pays, les montagnes portent le ciel, elles sont comme de formidables vagues soudainement endormies, on dirait qu'elles ont mis tant de puissance à naître qu'il n'y aura pas assez de mille et mille siècles pour les reposer du fantastique effort des origines.
    [...]
    C'est pourquoi mon pays est plein de mystères et de légendes murmurées, de sorcelleries stupéfiantes et de fantômes moqueurs. Depuis si longtemps ici le diable, les fées et les loups vont et viennent dans la compagnie des vents et se rient des hommes au bord glacé des lacs..."

    "Verte et jaune,
    robuste t lulmineuse,
    une fleur puis une autre,
    c'est le signal infaillible !
    Voyageur, tu peux ralentir ta course effrénée...
    Regarde autur de toi,
    laisse tes yeux avertis,
    ton âme sensible s'imprégner de ce paysage rude et subtil.
    Tu entendrais la voix de notre terroir"


    la Gentiane d'Or, Jean Pierre Siméon.

     

    Poète et dramaturge français né en 1950 à Paris, Jean-Pierre Siméon a également été enseignant à l'IUFM d'Auvergne... et à Riom-ès-Montagnes.

     


    Air des arracheurs, paroles d'Emile Refouvelet et musique de Jean Amoureux. L'inventeur de l'Avèze, alors appelée "Auvergne Gentiane", vante sa boisson à travers une chanson publicitaire.

    Au frais lever du jour, là-haut sur la montagne,

    Quand le soleil paraît, rougissant la campagne,

    Des hommes vigoureux, aux bras musclés et forts,

    Vont arracher au sol, la gentiane aux fleurs d'or.

     

    Dans ce sublime effort de l'arracheur tenace,

    Qui mène chaque jour, un travail âpre et dur,

    Aimons ces ouvriers, ils sont de notre race,

    Et leur mérite est grand, dans ce labeur obscur.

     

    Refrain

    Chantons, chantons, les gars de la montagne !

    Chantons, chantons, une AUVERGNE, c'est bon.

    Chantons, chantons, c'est la voix des campagnes,

    Chantons, chantons, une AUVERGNE, buvons !

     

    tiré de l'ouvrage la gentiane, l'aventure de la fée jaune (C. Jollès / J.-L Clade), aux éditions Cabedita.

    Emile Refouvelet était originaire de Valette.

     


      

    La Valse des Gentianes, paroles de Jean-Marie GASTON dit Jean LILA et musique de Louis RISPAL.

    Quand un bruit de sonnailles

    Vient égayer nos puys,

    Et qu'autour de Mondailles

    Les prés sont reverdis;

    Là-haut sur la montagne,

    Au flanc du Puy Mary,

    Là-haut sur la montagne,

    La gentiane fleurit.

     

    Superbe et souveraine,

    Au milieu d'autres fleurs,

    Regardez cette reine

    Etaler ses couleurs.

    Ô fleur rustique et belle,

    Parure de nos monts !

    D'un coeur tendre et fidèle

    Toujours nous t'aimerons.

     

    Lorsque le jour décline

    A l'entour des burons;

    Le soleil t'illumine

    De ses derniers rayons.

    Alors nous pouvons dire,

    Ô fleur que nous aimons !

    Que ton dernier sourire

    Resplendit sur les monts.

     

     

     


     

     Le Lac-au-Bois-Dormant, Arsène Vermenouze

     

    Il m’est resté de Riom un souvenir charmant
    Celui d’un lac mélancolique et solitaire
    Qu’un bois sombre et plein de mystère
    Semble garder jalousement
    Nous l’avons appelé le Lac-au-Bois-Dormant.

    (Lac de Roussillou)

     


    Le château d'Apchon, Arsène Vermenouze

    Il dresse encore ses tours et ses murs crevassés,
    Et chaque brèche semble une bouche meurtrie,
    Qui s'ouvre en grand et crie
    Les promesses du passé

    Cette ruine informe où niche une chouette,
    Couvre de ses débris un rocher colossal
    Et profile de loin la fierte silhouette
    D'un lion sur un piédestal

     

     


     

     Urlande, Jean Fred

     

    Couché sur l’herbe verte

    Aux confins des mondes

    Renonçant aux pures pertes

    Avant que la pluie arrive par trombes

     

    Le ciel qui s’obscurcit, qui s’ombrage

    Laissant entrevoir encore la lumière

    Qui glisse entre ses nuages

    Mes yeux scrutent au-delà des clairières

     

    Forte et de fière allure

    Tu t’élèves vers le haut

    De la terre, tu fus gerçure

    Aujourd’hui on se perd sur ton dos

     

    Urlande, tu es un cri si vaillant

    Roche saillie des entrailles

    Tu es née de la colère d’un volcan

    Tu règnes sur toutes ses failles

     

    Ton élévation nous fait petits

    Adultes aux cœurs enfantins

    Devant toi, que sommes nous en cette vie

    Rien ni personne, juste à serrer les poings

     

    Serais tu protectrice comme aux temps antiques

    Où l’on vénérait le surnaturel d’une roche

    Où l’on sacrifiait l’âme pour un dieu épique

    Sans se soucier de la douleur en poche

     

    Aujourd’hui, je te regarde trôner

    Tu es magnifique de prestance

    Mais je te gravirais sans me tromper

    Humblement et sans aisance

     

    Protège ce petit coin que j’ai tant aimé

    Qui ne demande qu’à vivre libre

    Annonce les malheurs et prévient les

    Si on venait à vouloir y mourir

     

    Urlande, montre ta force, défait nos liens

    Et montre le chemin de la sagesse

    Urlande, fille du volcan Cantalien

    Nous nous ralierons à toi sans faiblesse


    Bagilet, Mme Journiac

    Chaque jour à l'aube naissante
    Nous allions sur le vaste plateau
    Retourner la terre fumante
    L'alouette planait là-haut 

    Au pas lent de nos belles salers
    S'étalaient les nombreux sillons
    Où demain lèvera la gerbe
    Porteuse de riches moissons.

    Le travail était dur mais nous étions heureux
    Surtout quand le soleil brillait dans le ciel bleu.
    Alors, la joie au coeur nous unissions nos voix 
    Et entonnions ensemble les refrains d'autrefois

    Ô Bagilet,
    Doux berceau de mes jeunes années
     
    Près de toi cher papa la vie s'en est allée
    Et les années s'égrainent
    Mais n'oublierai jamais
    Tous les précieux conseils que tu m'avais donnés
     
    En dressant l'arbrisseau tu me disais souvent
    Travaille, sois honnête et respecte
    Tu pourras ainsi, toute une vie durant
    Aller la tête haute et le front triomphant.
     

    Le Pont de la Mort (Menet), Etienne MARCENNE
     
    Passant qui veut braver l'appel de la Clidelle
    A l'heure où, dans le bois, le hibou crie et sort,
    Si tu t'en vas tout seul, où le destin t'appelle,
    Serre bien ton bâton, sur le pont de la Mort !

    Posso, quê bouo l'opel de lo Cidèlo,
    O l'ouro ound dins les bouos lou cohon crido é sort,
    S'és tu t'en bas tout soul, ound lou distin l'opéto,
    Séro plo toun bostou sur lou pouon dé lé Mouort

    d'après le site web de la Mairie de Menet, menet.fr

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    Les estives et leur histoire

     

    Les estives (ou montagnes) sont les noms donnés aux prairies d’altitude. Elles sont utilisées pendant la belle saison par les agriculteurs pour faire paître les troupeaux de la Saint Urbain (25 mai) à la Saint Géraud (13 octobre). Les estives étaient à l’origine des zones forestières qui ont été déboisées par les grandes campagnes de défrichement menées à l’époque gallo-romaine et au Moyen-âge, notamment par les moines. 

     

    A la fin du 19e siècle, l’industrie laitière dans le Cantal est à son apogée. La moindre parcelle située sur un replat, ou de faible pente, est exploitée. Les agriculteurs construisent de nombreux burons (habitations d’altitude). Le pâturage des troupeaux en altitude permet de libérer les terres des fonds de vallée, qui sont fauchées facilement, plusieurs fois par an, de manière à engranger suffisamment de foin pour l’hiver. 

     

     

    Le transfert des bêtes en altitude pendant la bonne saison oblige les hommes à un véritable déménagement. Il n’y a pas de réfrigérateur pour conserver le lait, qui ne peut être redescendu tous les jours à dos de mulet, d’âne, ou à pied. Volailles, porcs, ânes et mulets accompagnent donc les personnes qui « montent » sur le plateau du Limon. Une vie en véritable autarcie s’établit. 

     

     

    Cinq mois, c’est long. Les tâches ménagères, les bêtes à soigner et à traire, le fromage à fabriquer, le petit jardin crée, chaque année, autour du buron, rythment la vie, remplissent les journées. Le travail est harassant, la vie simple, mais dure. 

     

     

    Habituellement, trois personnes montent avec les bêtes : le berger qui surveille le troupeau, le fromager ou vacher qui dirige la fabrication du fromage, et le boutillier ou aide-vacher. 

     

     

    Pour conserver le lait, une seule méthode est connue : la fabrication du fromage…

     

     

     

    Le Cantal

     

     

    La traite se déroule en général deux fois par jour à « la fumade », enclos régulièrement déplacé autour du buron, pour répartir la fumure. Par un stratagème qui consiste à introduire le veau près de sa mère, à le laisser téter quelques instants, puis à la retirer, le vacher réussissait à traire assez facilement la vache, (son veau restant accroché à proximité) assis sur la « selle » (tabouret à pied unique fixé solidement à la ceinture).

     

     

    Les seaux de lait, versés dans la « gerle » (récipient en bois de 120 à 150 litres, recouvert d’une toile pour filtrer le lait), amenée au buron par des hommes costauds, la fabrication du fromage peut commencer. Le lait est mis à cailler par addition de présure (substance produite par une partie de l’estomac des ruminants appelée la caillette). Au bout d’un certain temps, le caillé est coupé, le petit lait séparé, puis enlevé avec un récipient (« lou coupou ») pour être donné aux cochons. Le caillé, bien égoutté, est pressé pour retirer le dernier petit lait. On obtient alors la tome. 

     

     

    Le fromage, brisé en morceaux, salé, puis placé dans des moules cylindriques, est compressé dans une presse à bois, ce qui lui donne sa forme définitive appelée fourme. Une lente maturation, à température et humidité constante, permet d’obtenir des fromages allant du doux au vieux, suivant le temps passé dans le noir de la cave du buron. Pourtant, même si la fabrication du cantal a su traverser les siècles en restant plus ou moins identique…

     

     

    Les mentalités et les techniques ont évolué   

     

    Dans les années 20, l’exode rural débute. Les premières parcelles délaissées sont celles les moins biens desservies, les moins mécanisables, les plus pentues. La main d’œuvre manque. L’agriculture demande à être rentable. L’évolution des conditions économiques modifie l’utilisation des estives. Les troupeaux de vaches laitières restent dans les vallées. Le cantal n’est quasiment plus fabriqué au buron. Les estives sont toujours occupées, mais par des bovins destinés à la production de viande. De nouvelles races côtoient les races locales. Les animaux sont livrés à eux-mêmes au milieu d’une immense prairie, redevenant parfois sauvages de ne plus côtoyer l’homme tous les jours. Les zones les moins facilement accessibles en véhicule ne sont plus pâturées, et une végétation à base de genêt ou de callune les colonise très rapidement.

     

     

    Au milieu de ces troupeaux subsistent des burons à l’état de ruine, dont la cave sert d’abri aux bêtes -lorsqu’elle existe encore- lors de violents orages, fréquents sur le plateau du Limon. Ils sont les témoins d’une vie passée, avec les quelques traditions que se transmettent encore de génération en génération quelques agriculteurs, par exemple celle de mettre encore des cloches à leur bête…

     


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  • L'habitat traditionnel conserve souvent une qualité architecturale qui s'exprime dans des plans variés et dans la richesse décorative des matériaux : sur les murs, basaltes noirsn trachy-andésites grises ou rosées mêlent leurs nuances à celles des lichens et des mousses; de superbes toits de lauzes ont résisté au temps.

    La maison élémentaire.

    Elle se compose d'une pièce unique, tournée vers le monumental foyer ou cantou. Elle peut se prolonger verticalement par un grenier et s'enraciner dans le sol par creusement d'une cave. Caves et greniers sont accessibles par une trappe intérieure ou un escalier extérieur. Dehors, elle s'adjoint un poulailler, une soue à cochons... C'est le logis du journalier. Petite et sans confort, elle est aujourd'hui abandonnée ou totalement réhabilitée en gîte rural.

    La maison-bloc.

    On parle de maison-bloc lorsque l'habitation et les dépendances agricoles sont sous le même toit. Son aspect varie avec la réalité économique locale, mais elle correspond à un système où la maisonnée produit, transforme et consomme sur place le necessaire à sa subsistance.

    Dans la maison-bloc à terre, l'étable est contigue à la pièce d'habitation unique. Le fenil, coiffant et réchauffant l'ensemble, est accessible par un plan incliné dit montadou. C'est la maison du petit éleveur-cultivateur des zones de vieille polyculture.

    Dans la maison-bloc en hauteur, le logement, superposé à la grange-étable, est desservi par un escalier de bois extérieur. On la trouve principalement dans le quart sud-ouest du massif. C'est la maison des petits exploitants agricoles, des vignerons, des artisans.

    La maison à dépendances séparées.

    Quand l'amélioration du niveau de vie fait naître des exigences de confort, en référence aux maisons de maître, les granges-étables sont éloignées du logis, souvent de façon assez désordonnée. L'habitation conserve son volume de base mais le nombre de pièces augmentent (entrée, souillarde, débaras, chambre-salon, chambres à l'étage). Les façades jouent la symétrie. De plus en plus, c'est à l'extérieur de la ferme qu'on va chercher alimentation et habillement. Le rapport à la rue et au village est modifié. Le système urbain devient dominant.

    Les toits.

    Les toits sont pentus, couverts de schiste, plus léger, ou de lauzes, énormes écailles volcaniques d'un gris très doux qui diminuent de taille depuis le bat jusqu'au faîte pour ne pas trop charger la charpente. Ces toits, dans le Cantal, surtout, ont donné l'occasion aux charpentiers de réaliser de véritables chef- d'oeuvre. Ils utilisent en particulier le châtaignier, où les araignées ne se mettent pas, le shêne et surtout le sapin. Le bois devait êtra abattu durant les mois sans sêve, de novembre à mars, et en lune vieille. On le faisait d'abord flotter longtemps dans les rivières, puis sécher plus longtemps encore. On le donnait ensuite à débiter aux scieurs de long. Les toitures des granges, en particulier, ont souvent des charpentes de cathédrale.

    "Traditions d'Auvergne" d'Annette Lauras-Pourrat.


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  • Lors de l'établissement des premières voies ferrées dans le Massif Central, la partie centrale du département du Cantal était bien délaissée par le rail.

    Dès 1871, les parlementaires cantaliens réclamaient la réalisation d'un itinéraire de BORT à NEUSSARGUES par CONDAT et ALLANCHE. Mais ce n'est que vingt ans plus tard que le principe de cette ligne fut définitivement acquis. La déclaration d'utilité publique intervint en août 1892. A la même époque, une liaison FELLETIN -USSEL - BORT - NEUSSARGUES était étudiée. La liaison USSEL - BORT n’a jamais été réalisée vu les faibles bénéfices attendus. C'est peut-être dommage car si cette ligne avait emprunté un itinéraire autre que la vallée de la Dordogne, peut-être le "Parisien" continuerait-t-il à passer entre BORT et NEUSSARGUES.

    Les parlementaires ont certes agi pour que cette desserte voie le jour mais ce sont surtout les gros intérêts économiques qui ont été déterminants. Notamment le transport des vins du Languedoc vers Paris. C'est en effet, au cours du XIX° siècle que les Parisiens, qui, jusqu'alors, ne buvaient que du vin de leur région, virent apparaître les vins du Midi (la consommation de vin de la région parisienne a, paraît-il, été multipliée par 6 entre 1840 et 1900).

    Il est bon de rappeler, qu'à l'époque, la France ferroviaire était partagée en “réseaux”. Le Massif Central était desservi par le PARIS-ORLEANS (P.O.), le PARIS-LYON-MEDITERRANEE (PLM) et le MIDI. Il s'agissait là de compagnies privées qui cherchaient avant tout la rentabilité de leurs installations.

    Le transport du vin apportait à chaque réseau une ressource proportionnelle au nombre de kilomètres. C'est ainsi que la ligne BORT-NEUSSARGUES qui rejoignait la ligne MONTLUÇON -EYGURANDE-BORT (terminée en 1887) a été concédée au P.O. lequel espérait créer ainsi à travers le Massif Central la liaison Nord-Sud la plus courte.

    Compte tenu du relief, le tracé de cette ligne n'était pas évident. Trois projets ont été étudiés, le premier par CHAMPS, la Vallée de la Rhue, SAINT-AMANDIN, CONDAT, MARCENAT, LANDEYRAT et ALLANCHE. le second par VEBRET, MENET, RIOM, MARCHASTEL, LUGARDE, SAINT-BONNET et ALLANCHE, le troisième devait emprunter les vallées de la Rhue et de la Santoire pour aboutir à MURAT.

    A l’époque, les polémiques n’ont pas manqué, les langues allaient bon train et bien entendu, le tracé avait été choisi du fait de l’influence de telle ou telle personnalité, prétendue avoir le “poids nécessaire" pour intervenir auprès de l’état et de ses réseaux de chemins de fer. En fait, les études ont été dominées par le souci de distances courtes : le tracé adopté devra être inférieur à 75,17 km pour que BEZIERS-PARIS par BORT soit inférieur aux 804 km de l’itinéraire PLM par ARVANT. Le premier tracé de 74,43 km se rapprochant trop du kilométrage litigieux a été écarté au profit du second d’une longueur de 71,300 km.

    J’ai l'impression que le même phénomène se renouvelle au sujet du tracé de la nouvelle route BORT-RIOM-MURAT. Chacun ayant sa propre conviction que M. X ou M. Y a une influence prépondérante pour ce tracé. Il est rarement question ni de sa longueur, ni des difficultés techniques de réalisation.

    Les difficultés de construction n’ont pas manqué, la ligne étant tracée dans des vallées fort escarpées et escaladant des hauts plateaux. Les déclivités sont comprises entre 20 % et 30 %, la partie la plus difficile à ce point de vue est comprise entre la gare d’ANTIGNAC-VEBRET ET LE COL D'EMBESSE, séparées par une dénivellation de 352 m sur une distance de 12 km.

    La réalisation a exigé la construction de cinq viaducs importants dont celui de BARAJOL (entre RIOM et CONDAT) qui est un chef-d’oeuvre de maçonnerie, quatre tunnels et des courbes et rampes importantes. Il est évident que des conditions de vitesse étaient imposées aux conducteurs.

    En 1925 il fallait deux heures et demi environ, pour effectuer les 71 km entre BORT et NEUSSARGUES.

    Les conditions climatiques du Cézallier ont rendu difficile l’exploitation de cette ligne. Les 45 km situés au-dessus de 850 m sont souvent enneigés. Et malgré un matériel de déneigement important, quelques périodes d'interruption du trafic ont eu lieu au cours des hivers 44-45, 51-52 et plus près de nous, en décembre 1980 où des congères de 5 m de haut s’étaient formées au col de Clavières.

    La ligne a été ouverte le 2 décembre 1907 de BORT à RIOM et de NEUSSARGUES à ALLANCHE. La partie centrale sera terminée en 1908 et inaugurée par le Ministre des Travaux publics le 5 juillet.

    Le relief accidenté de cette région, le manque de ressources minières n’ont pas favorisé l’implantation d’industries importantes, de ce fait le trafic de marchandises a toujours été très faible (moins de 200 tonnes par jour ouvrable). Et les vins ? Et bien, ils n’y ont pratiquement jamais passé du fait des mauvaises conditions d’exploitation. Ainsi la ligne BORT-NEUSSARGUES est le type même de ligne construite artificiellement par intérêts économiques (qui n’ont pas vu le jour) étrangers à la desserte locale.

    Il faut quand même savoir que notre gare a eu une activité très importante en ce qui concerne le trafic marchandises. Notamment lorsque le PO mit en construction l'usine hydroélectrique de COINDRE sur la Rhue. Les pièces et les matériaux nécessaires à la construction ont en grande partie été acheminées par "ANTIGNAC-VEBRET".


    Les interventions du Conseil municipal

    La Compagnie d’Orléans, soucieuse d’exploiter le charbon du bassin de CHAMPAGNAC-LES-MINES, réalisa et mit en service en 1882 la ligne EYGURANDE-BORT-LARGNAC. La jonction avec MAURIAC eut lieu l’année suivante. En septembre 1893, le conseil constatant que cette ligne traverse le territoire de la commune demande qu’un arrêt ou une station soit créé à CHEYSSAC pour faciliter l’accès à BORT, prétextant, en outre, qu’il était inadmissible que la commune d’Ydes ait 3 gares rapprochées : SAIGNES, CHAMPAGNAC-LES-MINES et LARGNAC.

    En novembre 1897, commencent les discussions relatives au tracé BORT-NEUSSARGUES. La commune qui avait été sollicitée, répond qu'elle ne peut contribuer, ni en argent, ni en terrain pour le passage du chemin de fer. Le mois suivant, nos élus avaient réfléchi et voyaient enfin l'intérêt de cette ligne qui suivant le méridien de PARIS serait la plus directe pour joindre la capitale à BARCELONE. Une halte est demandée à Cheyssac, et la gare au village de Drulh. Le tracé adopté, les travaux engagés, le Maire est informé du nom de notre station. Dans la séance du 16 juin 1907, il est dit : “Le Maire expose que le nom proposé pour la station est “ANTIGNAC-VEBRET”. Cette dénomination est considérée comme une déchéance pour la commune. Compte-tenu que la commune de VEBRET est plus importante que celle d’Antignac, que la station est construite sur la commune de VEBRET, il n’y a aucune raison de donner la prééminence à ANTIGNAC, le conseil émet le voeu que la station prenne le nom de “VEBRET” ou, à la rigueur, celui de “VEBRET-ANTIGNAC”. Le Ministre des Travaux Publics saisi de cette protestation n’a pas jugé bon de donner satisfaction. En fait, c'est probablement le seul cas, sur cette ligne, où la dénomination ne tient compte ni de l’implantation territoriale, ni de l’importance des communes desservies.


    Les trains "Bonnet"

    Louis BONNET, créateur de “l’Auvergnat de Paris” a été un précurseur dans ce qui est appelé de nos jours “voyages organisés”. C’est en 1904 qu’il obtint des compagnies P.O. MIDI et PLM, des tarifs réduits pour des trains spéciaux empruntant leurs lignes. Ces réductions étaient importantes : 40 % pour un aller et retour.

    Le premier train prit son départ de Paris le 21 juin 1904. A partir de BORT (par MAURIAC), il s'arrêtait à toutes les gares et la moitié des voyageurs allaient jusqu’à AURILLAC où les attendaient les “Courriers” pour MONTSALVY, ENTRAYGUES, MUR DE BARRES, SAINTE-GENEVIEVE, etc... Une billetterie spéciale avait été installée au siège de “l’Auvergnat de Paris” et deux billets gratuits étaient prévus pour les cabrettaires qui animaient le voyage. Ces trains ont eu un énorme succès, ils ont circulé jusqu’en 1939 avec une interruption pendant la première guerre.

    Après les élections du “Front Populaire” et les accords sur les congés payés en 1936, ils sont devenus les trains des Vacanciers Auvergnats. Certains se souviennent de la circulation de ces trains. Ils passaient un peu avant “l’express” de Paris (la liaison Paris-Béziers s’effectuait par Bort et par Neussargues). Ils avaient, certes, un aspect un peu vieillot avec leurs wagons aux huit portières d’accès, leur marche-pied et les gros numéros indiquant les classes (beaucoup de nos compatriotes voyageaient en 3° classe avec un confort tout relatif).


    Un cantalien, M. A. JACOMY, a fait appel à sa mémoire pour relater un voyage en train BONNET en 1938 (Auvergnat de Paris - Edition du Centenaire). Tout y est décrit, l’arrivée à Austerlitz, l’embarquement, les colis - notamment la valise contenant les provisions de bouches, indispensables pour “tenir le coup” pendant un peu plus de 500 km

    Ces trains facilitaient le retour au pays et contrairement aux premières générations “immigrants” qui ne revenaient qu’après de nombreuses années, souvent sans avoir pris un jour de repos. Les plus jeunes viennent “en vacances”, ce qui ne se fait pas toujours sans quelques accrochages avec parents ou amis. Car imbus de leur “supériorité de parisien”, ils s'ingénient à prendre un accent exagérément faubourien, on parle “pointu”. Je me souviens, et je ne suis pas le seul, d’un jeune, parti de son village natal (je ne dirai pas lequel) pour aller servir comme garçon de café à Paris, qui, à son retour, s'ingéniait à demander aux cabaretiers locaux des mélanges sophistiqués, étalant ainsi ses connaissances de spécialiste et espérant bien que dans ce bled, on ne puisse lui donner satisfaction. C’est d’ailleurs le même qui faisait en sorte de ne plus comprendre le patois. Mais un jour, s’étant aventuré dans un pré au moment de la fenaison, mit malencontreusement le pied sur les chevilles d’un râteau, qui, se redressant brusquement, vint le heurter violemment au visage : “Por de raster !” s'écrie notre pédant. Il venait d’un seul coup de retrouver à la fois son patois et ses racines. Ne généralisons pas, ils n’étaient pas tous comme ça.

    Jean Tournadre http://histoire-locale.chez-alice.fr/trains.htm


     
    Voir aussi
    >l'histoire de la ligne Bort-Neussargues en dates sur Carnet de Bort (milieu de page)
    http://www.carnetdebort.org/gentiane-express.htm

    >interview vidéo de Tristan Brohan, directeur d'exploitation du Gentiane Express
    http://www.aiguillages.eu/tag/gentiane-express 

     

    Zoom sur la construction du viaduc de Barajol

    A cause de la configuration du terrain, la construction métallique initialement prévue par les ingénieurs est abandonnée au profit d'un ouvrage en maçonnerie, utilisant les basaltes de la région.

    Lors de la construction du viaduc de Barajol, sur la commune de Saint-Amandin, on aménage une piste pour acheminer les matériaux. Le chemin dit “des wagonnets” (en bleu sur la carte) présente la particularité d'avoir un dénivelé très faible, car il faut que les chevaux ou les mules tirent les wagonnets remplis de pierres. 

    Dans "Le Triangle du Cantal" (tome 1 : Bort-les-Orgues/Neussargues), Patrick Garinot nous donne quelques éclaircissements sur cette piste. Dés l'adjudication (1902), une voie de service à l'écartement de 1 mètre et de 2,2 mètres de longueur fut construite entre l'emplacement du viaduc et la route de Condat à Riom-ès-Montagnes, à Chapsal (Sapchat) pour acheminer les matériaux. A l'origine de la voie de service fut ouverte une carrière de sable, et vers le milieu du parcours, on exploita une carrière de pierres de blocage (gneiss). Les moellons de basalte pour le parement furent extraits dans le massif de Lestampe et transportés au viaduc par deux plans inclinés et deux voies de service de 0.90m.

    Après 4 ans de travaux, le viaduc de Barajol (également appelé “de Lune Sèche”, du nom d'un autre toponyme local) est terminé au printemps 1907 sans qu'un seul accident mortel ne soit à déplorer. La ligne ouvre le 11 mai 1908 et est inaugurée le 5 juillet suivant par Louis Berthou, Ministre des Travaux Publics.

     

    A ce jour, le viaduc n'a subi aucune déformation, ni nécessité de travaux de rejointement. Depuis le 14 Décembre 1984, il est inscrit à l'inventaire des monuments historiques et demeure le second plus haut viaduc maçonné d'Europe ! 

    Le rail, facteur de développement touristique

    Le développement du tourisme dans le Cantal est lié à celui du thermalisme et du transport ferroviaire. Au XIXe siècle, les thermes sont en plein essor, plusieurs guides mentionnent la source et les eaux de Vic-sur-Cère qui sont froides (12°C), ferrugineuses, gazeuses, bicarbonatées et sodiques, et ont d'autant plus de succès que la Compagnie des chemins de fer d'Orléans construit une ligne ferroviaire et deux grands hôtels dont elle fait la promotion : l'un au Lioran, l'autre sur le versant sud qui domine la vallée. Le site naturel du Pas-de-Cère attise la curiosité des voyageurs.

    Mais focalisons-nous sur le pays de Riom-ès-Montagnes. Comme dans la vallée de la Cère, le tourisme doit son développement à l'arrivée du train en 1907. Voici quelques dates clé qui décrivent ce processus.

    2 décembre 1907 : le premier train arrive en gare de Saint-Etienne/Menet et de Riom-ès-Montagnes en provenance de Paris, via Bort-les-Orgues.

    11 mai 1908 : le premier train arrive en gare de Condat/Saint-Amandin, grâce à l'ouverture de la ligne Allanche / Riom-ès-Montagnes. Le pays de Riom-ès-Montagnes est désormais accessible depuis Paris et Béziers, respectivement via Bort-les-Orgues et Neussargues. C'est la Compagnie du Chemin de Fer d'Orléans qui gère la ligne. Il faut “moins de neuf heures” pour gagner la capitale !

    26 mai 1912 : la commune de Riom-ès-Montagnes édite son premier guide touristique.

    Février 1920 : le Syndicat d'initiative de Riom-ès-Montagnes voit le jour

    1921 : le Syndicat d'initiative de la vallée de Cheylade édite un guide touristique

    1924 : relance des foires grâce au chemin de fer. La plus célèbre est celle de la St Michel.

    1927 : le Syndicat d'initiative publie un nouveau guide touristique, dont voici le contenu intégral (merci à Stéphane Pouget de nous avoir transmis ce document rare via son blog) :




    Consulter le guide
    http://stephpaysgentiane15.skyrock.com/8.html
     
    http://stephpaysgentiane15.skyrock.com/9.html 
    http://stephpaysgentiane15.skyrock.com/10.html 


    La page de couverture (photo) parle de “cures d'air et excursions”. A l'époque, l'approche du tourisme est encore très orientée vers l'aspect médical, l'air pur ayant en effet des vertus curatives.

    Dans le guide, il est fait mention des nombreuses sources minérales “aux vertus curatives”, et notamment de celle de la Font Salée, qui fut commercialisée de 1898 à 1952 (1). Les autres curiosités mises en avant sont les édifices religieux, les sites archéologiques et le “musée Bourgeade des Planchettes”, les cascades et lacs comme celui “de la Grange” (étang de Majonenc); et une part belle est faite à l'histoire locale.

     

     

    (1) A propos de la Font Salée

    La source de la Font Salée, niché au creux de la commune d'Apchon, a un débit faible mais une curieuse histoire. Peu minéralisée et au goût neutre, elle porte donc mal son nom ! Toutefois, Deribier du Chatelet lui prêta des vertus inattendues pour les prsonnes souffrant "d'embarras gastriques" et de "pâles couleurs". A la fin du XIXe siècle, Emise Pigot, un restaurateur parisien, entreprit de la commercialiser sous le nom d'eau Saint- Eloy. Il eut l'autorisation requise en mai 1898. Mais l'exploitation n'était pas simple, car la source n'est accessible que par un chemin escarpé. Aussi, à peine l'eau recueillie et embouteillée, des ânes remontaient les caisses vers des lieux plus faciles d'accès où pouvaient partir les livraisons. Ce commerce cessa à l'orée de la première guerre mondiale et l'autorisation d'exploitation fut retirée en 1952, en raison de l'accès contraignant, de l'altitude, et aussi du faible débit de la source : 1,3 L à la minute environ. Aujourd'hui, la source et son bassin ont été restaurés et l'eau qui jaillit garde, sans nul doute, ses propriétés.

     

    Sources : Office de tourisme du Pays Gentiane, stephpaysgentiane15.skyrock.com, carnetdebort.org


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  • De la gentiane
    à la liqueur de gentiane

    L'histoire de la gentiane, plante typique des moyennes montagnes européennes, remonte au moins à l'Antiquité grecque. Au fil des siècles, ses vertus curatives ont fait l'objet de croyances, mythes et légendes des plus étranges. La gentiane tiendrait son nom de Gentius, célèbre roi d'Illyrie qui l'aurait découverte. Au moyen-âge, elle était considérée comme une panacée et entrait dans la composition des remèdes miracles. Quelques siècles plus tard, au XVIIIe siècle, on disait qu'en consommer régulièrement assurait santé et longue vie. On lui reconnaissait également des propriétés magiques contre la peste tandis que, dans le Languedoc, porter au cou neuf brins de gentiane cueillis à reculons le jour de l'Assomption avant le lever du soleil, faisait passer la fièvre. La racine de la gentiane jaune entrait enfin dans la composition de sachets magiques destinés aux rituels de retour d'affection.

    Avèze est la seule boisson à base de gentiane obtenue par macération prolongée (9 mois) des racines fraîches broyées dans un mélange d'eau et d'alcool. Elle est fabriquée exclusivement à partir de racines de gentiane prélevées manuellement, comme le veut la tradition, sur le territoire du Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne. Pour assurer le meilleur renouvellement de la plante, un délai de 15 ans est respecté entre deux arrachages sur la même parcelle. Ainsi, l'Avèze est la première liqueur de gentiane à avoir obtenu la marque "Parc Naturel Régional des Volcans d'Auvergne". Elle est fabriquée à Riom-ès-Montagnes (Cantal) depuis 1929 (anciennement "Une Auvergne" et "Auvergne Gentiane").

    La gentiane est renommée pour ses propriétés tonifiantes, stimulantes, antidépressives et dépuratives. Ses racines contiennent des principes actifs, dont les plus connus qualifiés d'"amers", facilitent la digestion. La gentiane stimule en effet l'appétit et soigne divers troubles gastro-intestinaux tels que vomissements, diarrhées ou brûlures d'estomac. La gentiane traiterait également les plaies et aurait un effet décongestionnant sur la peau. En usage interne, elle favoriserait la diminution des maux de gorge, de l'inflammation arthritique, et serait efficace contre la jaunisse. Enfin, possédant non seulement des actions toniques sur le foie et la vésicule biliaire, la Gentiane permettrait une purification quasi complète de tout l'organisme humain.

     

    Panorama suc de Rond - Collandres

    La gentiane jaune
    Hauteur : jusqu'à 2 mètres (d'où son surnom : "gratte-ciel" végétal).
    Feuilles : 20 à 40 cm de long, 10 à 15 cm de large.
    Racines : jusqu'à 1,5 m de long et 5 à 7 kg !
    Durée de vie : plus de 50 ans.
    Age à la première floraison : entre 5 et 10 ans
    Période de floraison : de juin à août suivant l'altitude.

    >>En savoir plus sur les boissons locales à base de gentiane


    L'arrachage de la gentiane 

    L'arrachage de la gentiane se pratique pendant 6 mois (de mai à octobre) par  le "gençanaïre" (ou gentianaire), à l'aide d'une "fourche du diable" qui pèse environ 13 kilos. A la seule force de ses bras, le gençanaire arrache jusqu'à 250 kilos par jour, dans le Massif Central et notamment sur les hauts plateaux de Collandres, Valette et Trizac. Petits bras s'abstenir ! Ce n'est pas les feuilles mais les racines qui sont recherchées. Lavées, broyées, macérées, elles servent à la fabrication de plusieurs apéritifs dont l'Avèze. 

    Ne pas confondre la grande gentiane (jusqu'à 1 m 50) aux feuilles elliptiques opposées en croix, à fleurs jaunes en bouquet au sommet de la tige ou à l'aisselle des feuilles... Et le vérâtre qui a la même taille mais dont les feuilles aux nervures longitudinales sont alternées et  marquées de forts plis longitudinaux , les fleurs verdâtres ou blanches sont réunies en une longue panicule. Attention, le verâtre est toxique.

     

    Quelques photos

      

    La fée jaune, exploitée et commercialisée

    A Valette, une entreprise (Auvergne Gentiane Plantes) exploite et commercialise même les racines de gentiane sous différentes formes : fraîches, sèches, sèches coupées et en poudre. Les produits de la société AGPlantes portent la marque "Produit du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne" et sont certifiés "Agriculture biologique". Extrait de la Lettre du Parc naturel régional des volcans d'Auvergne de mai 2007.

     
    Bien connue pour son goût amer, la gentiane procure une matière première unique aux nombreuses vertus.

    Fébrifuge, digestive, antidépressive ou encore antiseptique, la gentiane jaune offre des vertus multiples avec des applications pharmaceutiques, agroalimentaires et dans le secteur de la parfumerie. Quand Philippe Desriviers crée en 2005 la société Agplantes, il entend proposer un produit de qualité supérieure. Les racines sont arrachées à la main d’avril à octobre sur le plateau de Collandres, Valette et Trizac, séchées au soleil et entreposées dans un hangar aéré. Cette exigence de production lui a permis de bénéficier en 2006 de la marque Parc destinée à valoriser des produits et des savoir-faire spécifiques et respectueux du territoire. Chaque année, Yves Jouve, le gentianaire salarié de l’entreprise cantalienne, arrache 20 à 25 tonnes de racines, armé de la traditionnelle fourche du diable. Un quart de la production est vendue fraîche, le reste est séché et proposé à la tonne ou au détail. Destiné aux particuliers, le “bojon de gençana” contient 100 g de racines coupées dans un petit sac de jute. Il permet de produire soi-même plusieurs litres d’une boisson apéritive amère. Si l’on préfère les infusions, il faut opter pour un produit exclusif : “l’Amer des Montagnes”. Les racines sont, cette fois, en poudre et destinées à préparer toutes sortes de décoctions ou à assaisonner ses salades. Fort de l’obtention récente d’une certification “Agriculture biologique”, Philippe Desriviers souhaite développer sa clientèle d’entreprises, particulièrement dans le secteur pharmaceutique. Les laboratoires recherchent des racines de gentiane de qualité supérieure pour fabriquer des médicaments pour les animaux ou les humains. Un usage hérité du passé puisqu’on avait recours à la gentiane pour provoquer la délivrance des bovins ou pour redonner de l’appétit. Les vertus de la fée jaune sont appréciées plus largement qu’on ne l’imagine. Un client italien d’Agplantes a acheté des racines et produit une boisson spécialement destinée… au Vatican.
     
    Gentiana lutea
     

    Une plante qui méritait bien sa fête !

    Depuis 1998, Riom-ès-Montagnes accueille la Fête de la Gentiane, tous les ans au mois de juillet, à une époque où la plante est en principe en pleine floraison. La Fête de la Gentiane en Pays Gentiane, c'était écrit ! La manifestation est organisée depuis 2011 par l'association "Autour de la Gentiane".

    A l'occasion de ce rendez-vous marqué par le traditionnel "lavage des gentianes" à la fontaine du centre-ville et la présence de la confrérie des Gençanaires, plusieurs animations rythment le week-end : dégustations, repas, démonstrations d'arrachage de gentiane, randonnée thématique, musique traditionnelle, musiques du monde, présence de la confrérie des Gençanaires, spectacles de conte et de danse, concours culinaire, concours floral, grand marché avec stands gastronomiques et artisanaux, défilés d'attelage, spectacle son et lumière, expositions...

    Pendant ce temps, l'Espace Avèze-Maison de la Gentiane et le Gentiane Express, train touristique marchent à plein régime ! 

     

     

    Panorama suc de Rond - Collandres

     
    La gentiane jaune est présente dans la plupart des massifs montagneux français (Massif Central, Alpes, Vosges, Jura), et localisée, d'après l'association Tela Botanica, dans 45 départements français. L'attachement à cette plante est cependant bien supérieur dans le Cantal qui est  souvent assimilé à la gentiane, au même titre que la vache salers ou les fromages AOP.


    La confrérie des Gençanaires promeut la plante et le territoire

    La Confrérie des Gençanaïres est l'une des plus jeunes confréries du Cantal et de l'Auvergne. Elle a été fondée en juillet 1998 sous l'impulsion des organisateurs de la Fête de la Gentiane 1998 (2e édition) et du Cercle Européen d'Etude de la gentiane jaune et des Gentianacées (1), dans le but de promouvoir les activités valorisant la plante. Ses membres portent une tunique à dominante jaune et verte, qui rappelle bien évidemment les couleurs de la gentiane. Ce costume est étrenné plusieurs fois dans l'année, à l'occasion de fêtes traditionnelles ou gastronomiques. Ainsi, en 2012, les gençanaires sont invités à la Fête de la Mangoune (Laroquebrou) le 11 mars, la Fête des Tersons Aubrac (Pierrefort) le 25 mars, la Fête de la Gentiane (Riom-ès-Montagnes) les 14 et 15 juillet, la Fête de la Gentiane (Picherande) les 14 et 15 août ou encore la Fête du Bleu d'Auvergne (Riom-ès-Montagnes) les 18 et 19 août. Chaque année lors de la Fête de la Gentiane de Riom-ès-Montagnes, de nouveaux membres sont intronisés et deviennent ainsi ambassadeurs de la "fée jaune" cantalienne.

    (1) 
    Le Cercle Européen d'Etude des Gentianacées (CEEG) est une association culturelle suisse, seul cercle en Europe consacré aux 
    Gentianes. Il a été fondé en 1993 et la direction est assurée par Charles Jolles, Henri de Seidlitz et Guilhem Mansion. Il a pour objectif de favoriser la connaissance et les échanges d'informations concernant toutes les espèces appartenant à la famille des Gentianacées et notamment la gentiane jaune ou grande gentiane, et édite chaque année un bulletin d'informations. Pour s'abonner, contacter Charles et Annick Jolles, Les Gentianes, Case Postale 47, CH-1000 Lausanne 26 / charles@jolles.net. 

     

    Los Gençanaires

     

    Voici la charte de la confrérie des gençanaires : 

    • Réunir l'ensemble des amateurs et passionnés de gentiane dans un idéal commun de convivialité et d'amitié
    • Promouvoir le rayonnement de la gentiane, plante emblématique du volcan cantalien, le rayonnement du Pays Gentiane, de ses habitants, de sa culture, de son histoire et de son économie
    • Développer la création de nouveaux produits et élargir la connaissance et l'utilisation de la gentiane
    • Echanger des informations et créer des liens privilégiés entre tous les acteurs de la filière gentiane en Auvergne, en France, en Europe et dans le monde
    • Veiller à la gestion raisonnée du patrimoine gentiane
    • Représenter en tant qu'ambassadeurs la gentiane dans des domaines variés et notamment : traditions et culture, artisanat et industrie, scientifique et médical
    • Soutenir et s'associer à toute initiative conforme à nos idéaux

     

     

    La relève est assurée !

    Le traditionnel lavage des racines de gentiane, lors de la Fête de la Gentiane. La relève est assurée !

     

    Cathy Duflot, membre de la confrérie, s'est prêté au jeu des questions-réponses : 

    Quels sont les critères requis pour qu'un membre soit intronisé par la confrérie des Gençanaires ? 

    CD : Il faut être présenté par au moins un membre et être accepté par tous les autres, sans distinction de race, milieu social... Ou d'âge, puisque notre plus jeune membre, Hugo, a 6 ans. La convivialité est bien sûr le maitre-mot de notre association qui, bien qu'ambassadrice de la gentiane, ne se prend pas trop au sérieux !

    Quels sont vos membres et pourquoi occupent-ils cette confrérie ?
    CD : A l'heure actuelle (début 2012, ndlr), la confrérie se compose des membres suivants : Annie (présidente) et Roger Raynal, Martine et Philippe Desriviers (directeur d'Avèze à Riom-ès-Montagnes), Lydia et Henri Tible (retraité), Jean Jacques Giraud (jeune retraité), Alain Barbier (retraité), Joceline et Rolland Passefond (s'occupent du château d'Auzers), Chantal et André Besson (nouveau retraité), Hugo et la jeune Manon qui nous a rejoint lors de plusieurs manifestations, Anne-Marie et Jean-Pierre Andraud (jeunes retraités), Charles Jollès (Cercle européen d'étude des gentianacées), Vincent Donnadieu (directeur adjoint de la Clinique du Souffle), Christian Aguilera (président de l'association Autour de la gentiane) et moi-même. Tous ont un commun un attachement profond pour la région, sa culture, son patrimoine, et bien évidemment pour la "fée jaune".

    Quelles sont vos activités ?
    CD : O
    utre notre participation à de nombreuses manifestations festives, nous participons aux démonstrations d'arrachage de gentiane, surtout à Saint-Hippolyte l'été dans le cadre des animations proposées par l'Office de tourisme intercommunal, nous faisons des interventions sur la gentiane (Clinique du Souffle, éventuellement les écoles). Quoi qu'il en soit nous sommes toujours volontaires pour faire découvrir la gentiane, sa vie et ses diverses utilisations.

    A propos des manifestations, j'ai cru comprendre que vous étiez même obligés de décliner des invitations...
    CD : O
    ui, nous déclinons des invitations en France, principalement dans des régions où il y a de la gentiane, car cela signifierait un voyage de plusieurs jours et tous les membres ne peuvent pas se le permettre.

     

     

    A l'image des Gençanaires, le Cantal compte plusieurs confréries :

    • du Pélou (Mourjou) : ambassadrice de la châtaigne

    • de la Pétarine (Teissières-les-Bouliès) : porte-drapeau d'une galette à base de farine de sarrasin

    • des Taste Fourmes (Saint-Flour) : promeut le fromage cantalien

    • de la Légendaire (Salers) : représentante du vin du même nom, affiné dans un buron

    • des Mangeurs de Champignons (Prunet) : comme son nom l'indique...

    • des Tersons Aubrac (Pierrefort) : valorise la race à robe froment

    • des Croquants d'Auvergne (Riom-ès-Montagnes) : met en avant les biscuits artisanaux de notre département

    • Cantal Salers Truffade (Pailherols)

    • de la Mangoune (Laroquebrou)

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