• Lecture : Marie l'Estamaïre, par Patrick Garinot

    Le métier d'étameur au coeur d'un roman

    Déjà auteur de trois ouvrages relatant l'histoire de trois lignes de chemin de fer qui quadrillaient le Cantal, Patrick Garinot publie "Marie l'Estamaïre", aux éditions du Mot Passant. Après avoir grandi à Saint-Saturnin, fait ses études à Saint-Flour puis Clermont-Ferrand, il a exercé le métier de professeur de sciences de la vie et de la terre dans le Puy-de-Dôme et se consacre aujourd'hui à la transmission par l'écriture.

    Résumé du roman. Marie, jeune fille d'un hameau de la Haute-Auvergne, employée aux filatures de La Cascade à Bort-les-Orgues savoure les premiers congés payés que le gouvernement de Front populaire vient d'accorder à tous les travailleurs. Dans un hameau de l'Artense, elle retrouve ses soeurs et va aider ses parents miséreux à rentrer les foins. Tous ses frères sont partis sur les routes des Charentes et du sud-ouest pour apprendre le métier d'étameur et gagner leur vie. Grâce à eux, elle va faire la connaissance de l'un de ces migrants décrocheurs d'étoiles et abandonner son travail de cascadière pour suivre cet homme, pour le meilleur et pour le pire. A Toulouse, elle voit son avenir aux couleurs de la ville, elle n'imagine pas ce qui l'attend à Agen, où le couple a décidé de s’installer après la débâcle de juin 1940...

    Dans "Marie l'Estamaïre", on suit le parcours d'une femme au cruel destin, qui après le décès de son époux va prendre la route et continuer le métier d'étameur. L'ouvrage est l'histoire romancée de deux proches de Patrick Garinot : sa mère Marie Vollet et sa tante, qui après son veuvage est repartie sur les routes, sans un sou. L'Artense, le nord Cantal et les départements voisins sont également mis à l'honneur.

    Un hommage aux femmes d'étameur

    "Ce livre est aussi un hommage à toutes ces femmes d'étameur qui à la disparition de l'époux ont pris la relève", confie Robert Vollet, neveu de Marie Vollet et lui-même maitre étameur de Marchastel, désormais à la retraite. "Il faut souligner le rôle des femmes dans les voyages, elles vont parfois à la chine, tiennent les comptes, lavent le linge des ouvriers. Les femmes remplacent l’homme lorsqu’il a disparu, tel fut le cas de Marie Vollet, mais aussi de Mme Gay du Mas, de Madame Tible de Riom, de Marie Manhés de Lugarde qui après avoir perdu ses trois frères à la guerre part en Creuse et fait ses tournée a pied, Marie Lydove qui étame dans une vielle grange en Dordogne et se sacrifie pour les études de sa fille qui sera institutrice, et j’en oublie bien d’autres..."

    AB, propos recueillis par Cathy Duflot-Falgère


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