• Extrait de "Natura 2000... Pour le site Zones humides de la région de Riom-ès-Montagnes"
    (textes : Luc Belenguier - photos : galerie personnelle)

    Roussillou - Riom-ès-Mgnes (6)
    Les tourbières du lac de Roussillou (Riom-ès-Montagnes)
     
    Le réseau Natura 2000 est un ensemble de sites naturels européen terrestres et marins, identifiés pour la qualité, la rareté ou la fragilité des espèces sauvages animales ou végétales et de leurs habitats. L'objectif pour chaque site est de préserver le patrimoine naturel et la biodiversité par des mesures de gestion et des actions, négociées et tenant compte des activités socio-économiques locales. 

    En France, le réseau Natura 2000 comprend 1 753 sites s'étendant sur 12,5 % du territoire. Plus de 8 000 communes ont au moins 5 % de leur territoire dans un site Natura 2000 : en pays riomois, c'est le cas de Riom-ès-Montagnes, Collandres, Apchon, Saint-Etienne-de-Chomeil, Saint-Amandin et Marchastel. 

    Natura 2000 "Zones humides de la région de Riom-ès-Montagnes :
    un site exceptionnel

    Le site Zones humides de la région de Riom-ès-Montagnes englobe quelques tourbières et zones humides ainsi que leur bassin versant, localisées aux confins du plateau granitique de l'Artense et de la Planèze basaltique de Trizac, dans les environs de Riom-ès-Montagnes. Les températures fraîches liées à l'altitude et l'abondance de précipitations sur ce secteur ont contribué à la formation de tourbières dans les dépression topographiques laissées par les glaciers.

    Le site Natura 2000 couvre 769 ha, à une altitude comprise entre 800 m et plus de 1 000 m. Il est constitué de 9 entitées. Du nord au sud : la tourbière de la Bouboulie (Antignac), le lac de Mont-de-Bélier (Saint-Etienne-de-Chomeil), la tourbière de Laquairie (Saint-Amandin), le secteur des Manicaudies (Saint-Amandin – Marchastel – Lugarde), le lac de Majonenc, le lac de Roussillou et la tourbière des Bondes – La Taphanel (Riom-ès-Montagnes), le secteur des Sagnes de Grand-Combe (Apchon) et celui des Jaleines (Collandres).

    La désignation du site vise prioritairement les tourbières et milieux humides localisés, mais aussi des prairies, des pelouses et des landes ainsi que 3 espèces d'intérêt communautaire liées aux zones humides.

    Le Parc naturel régional des volcans d'Auvergne, animateur du site, s'est vu confié la charge de mener à bien des actions permettant de préserver les richesses écologiques du site en les conciliant avec les activités économiques.

    Apchon
    Les sagnes de Grand-Combe (Apchon), après un épisode neigeux

    Les enjeux du site

    15 milieux naturels rares et menacés à l'échelle européenne (qu'on appelle « habitats d'intérêt communautaire » sur 46 habitats naturels inventoriés) sont présents sur les 769 ha du site couvrant près de la moitié de sa surface. Le Damier de la succise, la loutre d'Europe et le fluteau nageant sont les trois espèces rares et menacées à l'échelle européenne, dites d'intérêt communautaire, inventoriées sur le site. Elles sont liées aux zones humides. Les enjeux de préservation sont indissociables des activités économiques que l'on retrouve sur les bassins versants des tourbières et zones humides. L'agriculture, la sylviculture et les activités de pêche par exemple, qui jouent un rôle multifonctionnel (économique, social, touristique, écologique, paysager...) sont donc à intégrer dans la démarche de préservation. 


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  • Les épidémies ont de tout temps inspiré contes et légendes...
     

    La légende de l'Oùpilheiro (Collandres)

    Nous sommes au Moyen-Age. L'Oùpilheiro, dont il subsiste encore quelques ruines (au nord d'Espinasse), est un village heureux car les épidémies l'ont toujours épargné.

    Un jour, un jeune et fringant cavalier arrive au village et, s'apercevant que celui-ci grouille de serpents, propose aux habitants de s'en débarrasser en attirant les "bobas" dans le four du village à l'aide de jarres de lait.

    Les serpents accourent et, dans un grésillement de chair, périssent dans le feu. Le nombre de reptiles s'amoindrit. Soudain, un dernier serpent, énorme, apparaît et, arrivé à la gueule du four, gonfle son col et prononce ces mots : "Malheur à vous, habitants de l'Oùpilhèiro ! Avant de rejoindre mes frères, je vous prédis de grandes infortunes. Si votre village était à l'abri des épidémies, c'est à nous, serpents, qu'il le devait. Nous avions le privilège d'arrêter les contagions. Maintenant que nous ne sommes plus là, les pires fléaux, des calamités terribles, vont fondre sur vous." Il a encore ces paroles énigmatiques : "Aieu ! Lo darrièro ! A ieu ! L'Oùpilhèiro ! » (A moi ! La dernière ! A moi ! L'Oùpilhère !).

    La suite, vous la devinez... Les prédictions étaient bonnes, et tout le village (animaux y compris) succomba à la terrible épidémie de peste.

    Source : Jacques MALLOUET, Entre Dordogne et Puy Mary

     

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  • Du temps où les loups sévissaient...

    Saint-Etienne-de-Chomeil, Marchastel (Le Coin d'Or et La Rodde) : ces trois sites, isolés au milieu des bois, ont un point commun : ils abritent ce qu'on appèle une "trappe à loup". Les trappes, ou pièges à loup, sont des trous de forme carrée ou rectangulaire creusés autrefois dans le sol et consolidés par des murets de pierre, trous recouverts de feuillage et contenant une viande morte afin de berner les loups. Pour éviter que l'homme ne se fasse également piéger, car elle sont ouvertes, les trappes sont souvent entourées de fils barbelés.

    Voici une légende rapportée par une élève du collège de Riom-ès-Montagnes au début des années 1980.

    Toinou de Marchastel maniait l'archet avec une dextérité certaine. Il était donc souvent invité à animer les noces. Pour le mariage de Marguerite Rodde et Antoine Vernegheol de Terrou, il se rendit donc de bon matin dans ce hameau et fut convié à accompagner le cortège à la mairie puis à l'église et enfin à ramener la noce jusqu'à l'habitation des parents de Marguerite où se déroula le festin. Entre le déjeuner et le diner, jeunes et vieux dansèrent au son du violon force valses, mazurkas, polkas et bourrées. L'heure du dîner sonna. Après le repas encore très copieux, les couples valsèrent, virevoltèrent, tapèrent du pied jusqu'au petit matin.

    C'est alors que Toinou regagna Marchastel en portant son violon et une miche qui lui avait été donnée en paiement. Il grimpa le raidillon et s'apprêtait à s'engager dans le bois quand le loup, menaçant, sortit d'un taillis. Toinou n'en menait pas large. Il allongea le pas mais le loup suivait, affamé. 

    Alors Toinou écorna sa miche et jeta un bout de pain au loup qui, l'estomac toujours vide, restait sur ses talons. Tout le long du trajet, Toinou distribua des bouts de la miche à l'animal aux crocs inquiétants en priant le ciel d'avoir suffisamment de pain pour échapper à la voracité de l'animal. Toujours l'un derrière l'autre, ils arrivèrent au Coin d'Or. La miche diminuait à vue d'oeil et Toinou tremblait de plus en plus.

    Tout à coup, le coq de la Marie chanta. Le loup, surpris, s'étala et dévala tout le bois en direction de la Grolle. Allait-il tomber dans la trappe ? Toinou l'espéra et, soulagé, courut vers Marchastel où il conta à tous son aventure. Elle devint un conte que l'on transmet de génération en génération...

     

    Sources

    Collège nationalisé mixte de Riom-ès-Montagnes, Racines de gentiane ; légendes, 
    traditions, contes et chansons du pays de Riom-ès-Montagnes, 1981

    Collège nationalisé mixte de Riom-ès-Montagnes, Au bord des puys ; contes, légendes, dictons, recettes de cuisine locale du pays de Riom-ès-Montagnes, 1983

    Conte recueilli auprès de Paule ESCOUROLLES, raconté par sa grand-mère Maria (1870-1955)

    Communauté de communes du Pays Gentiane, De que se dizzio pas – Inventaire des contes et légendes du Pays Gentiane, 2010


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  • Les sources isolées du pays riomois

    La Font Salée (Apchon), une source d'eau minérale à Cheylade, les fouées : on n'y prête pas toujours attention, ce sont pourtant des lieux chargés d'histoire et qui ont suscité de nombreuses croyances au cours des derniers siècles. Pour les anciens, le débit d'une source annonçait la météo de la saison à venir (prévision d'une canicule ou d'un été humide...), tandis que beaucoup se rendaient en procession "à la font", dans l'espoir d'éviter une sécheresse. On prêtait également à l'eau de nombreuses vertus curatives... 

     

    La Font Salée (Apchon)

    La source de la Font Salée, nichée au creux de la commune d'Apchon, a un débit faible mais une curieuse histoire. Peu minéralisée et au goût neutre, elle porte donc mal son nom ! Toutefois, Deribier du Chatelet lui prêta des vertus inattendues pour les prsonnes souffrant "d'embarras gastriques" et de "pâles couleurs". A la fin du XIXe siècle, Emise Pigot, un restaurateur parisien, entreprit de la commercialiser sous le nom d'eau Saint-Eloy. Il eut l'autorisation requise en mai 1898. Mais l'exploitation n'était pas simple, car la source n'est accessible que par un chemin escarpé. Aussi, à peine l'eau recueillie et embouteillée, des ânes remontaient les caisses vers des lieux plus faciles d'accès où pouvaient partir les livraisons. Ce commerce cessa à l'orée de la première guerre mondiale et l'autorisation d'exploitation fut retirée en 1952, en raison de l'accès contraignant, de l'altitude, et aussi du faible débit de la source : 1,3 L à la minute environ. Aujourd'hui, la source et son bassin ont été restaurés et l'eau qui jaillit garde, sans nul doute, ses propriétés. Un sentier de randonnée a été crée il y a quelques années au départ du bourg d'Apchon et permet d'accéder à la source.

     

    La source d'eau minérale du Pont de la Roche (Cheylade)

    Située entre le Pont de la Roche et Fouilloux, on dit qu'elle guérit les maux d'estomac, l'anémie et la chlorose.

     

    Les fouées

    Le mot "fouée" vient en fait du dialecte auvergnat (on prononce "foua" dans la région de Riom-ès-Montagnes). Une fouée est une source aménagée qui permettait autrefois de s'alimenter en eau. Il existe plusieurs dizaines de fouées autour de Riom-ès-Montagnes. La plupart du temps, elles sont relativement isolées et particulièrement discrètes. Ci-dessus, la fouée de Janneton (Montagnac de Saint-Amandin).

     

     

    Sources (sans aucun jeu de mot !)

    Daniel Brugès in Les Mystères du Cantal (2010)
    Auguste de Chazelles

    http://saintamandin.e-monsite.com/pages/montagnac/promenade-a-montagnac.html

    Office de tourisme du Pays Gentiane


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  • Mystérieuses grottes du pays riomois... 

    Les cavités du pays de Riom-ès-Montagnes sont localisées sur des formations volcaniques. Cette carte éditée par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) en 2006 montre bien que la région de Riom-ès-Montagnes repose essentiellement sur un sol de roches volcaniques, de par sa proximité avec les monts du Cantal. 

     

     

    Nous ne parlerons pas ici des souterrains et galeries qui ont souvent alimenté moultes légendes, la liaison entre châteaux ayant souvent été évoquée. Seules les cavités, qu'elle soient naturelles ou creusées par l'homme, nous intéressent.

    La carrière souterraine du suc de Rome, à l'ouest de La Bade (Collandres), résulte de l'exploitation et de la recherche de diatomite, une roche sédimentaire silicieuse, par l'usine CECA de Riom-ès-Montagnes. Celle-ci a fermé cette carrière, se tournant vers d'autres sites plus accessibles, toujours dans le département, et notamment au nord de Riom-ès-Montagnes, à La Cousty.

    Photo aiko

     

    A quelques hectomètres, la grotte de La Bade, parfois appelée grotte des Fées, a également été explorée par la CECA (on s'en rend compte une fois sur place, la grotte possédant une double entrée). Ouverte sur la vallée de la Véronne, elle se présente sous la forme d'un abri sous roche et selon la tradition orale, Saint Martin y aurait séjourné. Toujours est-il qu'elle a bien été habitée et ce depuis des siècles puisque les archéologues y ont retrouvé poteries et fragments de statuettes en terre blanche gallo-romaines. La grotte de La Bade est accessible au détour du sentier "de la Roche Dorée". Elle mesure environ une quinzaine de mètres de profondeur sur sa partie la plus importante. Ci-dessous la localisation de la grotte (carré vert).

     

      

     

    A Cheylade, et plus précisément à proximité du château du Caire existe une grotte profonde taillée dans le conglomérat, la "grotte de la Caze". Des écrits parlent également de grottes au Puy de la Tourte, sur les hauteurs du Claux, mais elles ont été condamnées.

    Aux confins du Pays Gentiane et de l'Artense, dans les gorges de la Rhue, la grotte des Faux-Monnayeurs a, comme son nom l'indique, servi de refuge à un commerce pas vraiment légal... La grotte, matérialisée sur les cartes IGN, se trouve sur les hauteurs de la route de Champs-sur-Tarentaine. Elle est un lieu apprécié des chauves-souris.

    Dans les rochers chaotiques qui forment les Gorges de la Rhue, une grotte a servi d'asile au cours du XVIIIe siècle, à une bande de faux monnayeurs qui avait pour chef, un certain Chabrier surnommé L'Estandart. Les gredins frappaient de faux écus de six livres, qu'ils écoulaient dans les commerces de la région, ce qui leur permettait de faire ripaille à lueur des torches. Un jour, ils achetèrent un veau à un paysan du coin. Ce dernier, soupçonneux comme un artensier, trouva que les écus sonnaient faux et porta plainte. La troupe de l 'Estandart fut alors surveillée de prés par la Maréchaussée Royale, laquelle surpris un complice en flagrant délit lors d'une foire de Condat. Le repaire fut pris d'assaut, les brigants condamnés aux galères, leur chef pendu haut et court (la justice ne badinait pas en ce temps là). C'est pourquoi, le pont qui enjambe la Rhue vers Coindre, porte le nom de "Pont des Faux Monnayeurs", pour perpétuer le souvenir des faussaires...

     

    Toutes ces grottes ont donc en commun d'avoir été créées par le volcan. Ne vous attendez pas à y voir des stalactites et autres stalagmites. Ce sont toutes des cavités et abris sous roche.

     

    Sources

    brgm.fr

    http://www.tremouille.fr/legende-artense-tremouille.htm 

    Publications de la Commission des Souterrains et Excavations Artificielles de France - Volume 16 - 1919 (http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bspf_0249-7638_1919_num_16_1_7767)


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