• Le rôle des buronniers

    L'organisation du travail entre les buronniers était très hierarchisée. Le vacher était en charge de la traite, responsable du cheptel et de la fabrication du fromage. Il était accompagné du boutiller, qui aidait le vacher dans ses travaux, et du pâtre, parfois appelé message. Celui-ci s'occupait des veaux (garde des troupeaux, surveillance pour les empêcher de téter pendant la traite) et aidait à toutes les tâches : il s'agissait d'un jeune homme recruté soit par connaissance, soit à l'issue d'une "foire de la loue". Boutiller et pâtre devaient obéissance au vacher. Le métier est pénible : on se lève dès 4 h du matin pour la première traite.

    Les outils du buronnier

     


     

    La catseuse : utilisée pour presser la "caillée" (apparition : fin XIXe)

    La clide : barrière de bois ajourée servant à parquer le bétail pendant la traite

    La muselière : elle empêche les veaux de téter.

    Le joug : pièce de bois utilisée pour atteler une paire de vaches.

    La corne à sel ou "sagui" : corne de vache attachée à la ceinture des hommes pendant la traite pour distribuer le sel aux vaches

    La gerle : récipient cylindrique en bois cerclée de fer (contenance de 100 à 160 litres) servant à transporter le lait depuis le parc jusqu'au buron

    La selle à traire : tabouret de bois à un seul pied fixé à une ceinture par deux lanières de cuir, utilisé pendant la traite

    La corde : durant la traite, le veau est attaché à la patte avant gauche de sa mère

    La forme : moule à fourme

    Le "coupou" ou "pousi" : écope conçue pour puiser le petit lait dans la "gerle"

    Le "tressadou" ou "atrassadou" : planche à trous qui permettait de brasser le caillé

    La pelle : avec elle, la tome est transférée dans le moule

    Le frénial : outil utilisé pour rompre le caillé

    La "fraiseuse" : pour broyer la tome (apparition : fin XIXe), elle a remplacé les doigts du vacher ou l'utilisation d'un couteau. Les brins de tome tombent dans la maie (ou "millet"), caisse de sapin, où intervient le salage et le malaxage de la tome.

    Le pressoir : comme son nom l'indique, il sert à presser le fromage pour en faire sortir le petit lait

    L'écrémeuse : pour extraire les matières grasses du petit lait. Le petit lait restant est donné aux cochons, la crème est utilisée pour faire du beurre de montagne.

    La baratte : sert à battre la crème pour faire le beurre. Production : 12 à 13 kg de beurre

    L'ancre : sorte de pioche fort utile pour arracher les gentianes (et donc atteindre leurs racines, profondes)

    Le joug d'homme : utilisé pour transporter la gerle de lait

     

    Aujourd'hui, le travail des gardiens de troupeaux a évolué. Les pistes sont davantage carrossables et le 4x4 permet de gagner du temps... Le Cantal reste le premier département français en ce qui concerne la transhumance bovine.

     

    Sources : Chamina, association Valrhue, Coptasa


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  • Le plateau de Trizac, entre Collandres, Trizac et Valette, abrite de nombreux sites archéologiques. Voici quelques sites intéressants à visiter (vous pouvez vous munir également des cartes IGN disponibles sur geoportail.fr).


    Cheylade.

    Le Camp des Anglais : sur le plateau du Limon apparaissent des traces d'habitats remontant au Moyen-Age.
    >>En savoir plus sur l'habitat fortifié du Camp des Anglais

     

    Collandres.

    La Bade :
    grotte des Fées (époque épipaléolithique). Cet abri sous roche a servi d'habitation, et plusieurs objets y ont été retrouvés lors de fouilles : poteries gallo-romaines, fragments de statuettes en terre-blanche gallo-romaines... La grotte a été exploitée par la CECA (exploitation de diatomées).

    Espinasse (Moyen-âge). On accède au village de "l'Oupilhèro" (cf le Clau de Plume) par le chemin qui prend la direction du nord depuis la ferme d'Espinasse. Quelques mètres avant la fin de ce chemin, sur votre droite, vous découvrirez les vestiges d'un ancien village (cases, allée centrale bien identifiable). Un autre village, dont les cases sont mieux conservées, se situe à 100 m en aval du pont enjambant le Cheylat, sur votre gauche.




    Village déserté des Jaleines (Collandres)



    Les Jaleines (Moyen-âge). Au sud des Jaleines, en lisière du bois, vous identifierez des vestiges romains, comme en témoignent plusieurs cases. Plus à l'est de ce village déserté, ce qui ressemble à un ancien buron entouré d'un fossé circulaire est en réalité une ancienne tour de guêt.

    Invialars (Moyen-âge). Juste au nord du bourg de Collandres, au carrefour marqué par une croix, prenez à droite. Ce sont les ruines d'Invialars : une enceinte circulaire qui n'a pas livré tous ses secrets. Est-ce un ancien castrum (petite forteresse), ou un simple enclos utilisé pour les bêtes ? A vous de mener l'enquête !

    Croix du Mouton (Moyen-âge). Depuis le bourg de Collandres, lorsque vous empruntez la route du suc de Rond, vous arrivez rapidement à la croix du Mouton. C'est le départ d'un très ancien chemin, qui est aujourd'hui encore bien délimité jusqu'au sud d'Espinasse (gué sur le Cheylat). Il s'agit probablement d'un vestige de la Route du Sel (ou Route de la Reine Blanche), qui se poursuivait ensuite vers Cheylade (chemin des Quiroux).

    Une exposition des Archives départementales du Cantal (2012) a notamment mentionné l'un des hameaux médiévaux de Collandres.
    >> En savoir plus

     

    Trizac.

    Bois du Marilhou (Moyen-âge). Cet espace naturel sensible cache deux villages désertés que sont le mystérieux site de Cotteughes (à 1 km du col d'Aulac) et celui de Freydefont. Cotteughes est l'un des sites majeurs du Pays Gentiane, classé Monument historique. A voir absolument.

     

    Riom-ès-Montagnes.

    La Cousty (Néolithique). Le dolmen de La Cousty, au nord de Riom, suscite toujours un débat chez les archéologues. Est-ce réellement un dolmen ?!

    Chateauneuf (Protohistoire, Moyen-âge). Sur cet ancien site fortifié, de nombreux objets d'époque ont été retrouvés. Autour du village, sous les orgues, on aperçoit effectivement des cases...

     

    Valette.

    Peyre Grosse. Le village de
    la Pierre Grosse  compte parmi ses batisses une maison des Chevaliers du Temple (ordre des Templiers, en haut du village à côté du four banal).

    Pont de la Cliotte (Moyen-âge). En aval de Valette, sur la Sumène, cet ancien pont romain en pierres et à dos d'âne permettait de relier Riom-ès-Montagnes et Valette à Menet.

     

    Menet.

    Puy de Ménoyre (Antiquité/Moyen-âge). Cette ancienne forteresse, constituée de plusieurs habitations protégées par une enceinte circulaire, était idéalement située.

     

    Vestiges de la forteresse mérovingienne du Puy de Ménoyre (Menet)

     

     

    Apchon.

    Le bourg (Moyen-âge). Comment ne pas citer les magnifiques ruines du château féodal d'Apchon, qui dominent le village et offrent un panorama exceptionnel sur les monts du Cantal, le Cézallier, l'Artense et le Sancy, le Limousin...

    Enfin, sur le plateau de Trizac, principalement sur les secteurs de Riom-ès-Montagnes et Menet, mais aussi vers Trizac et Collandres, plusieurs dizaines de tertres (tumuli, nécropoles tumulaires de la Protohistoire et du Moyen-âge) sont encore visibles, notamment si vous utilisez le logiciel Google Earth. Plus difficile cependant de les identifier sur place...


    La Route du Sel.

    De Trizac à Cheylade en passant par Collandres subsistent des vestiges de la Route du Sel. Mais qu'est-ce donc que la Route du Sel ?! >> En savoir plus

     


    Diagnostic archéologique du Pays Gentiane

    Une étude de diagnostic portant sur le patrimoine archéologique du Pays Gentiane été menée en 2007. Si d’emblée elle laisse apparaître un manque de connaissance historique, le travail accompli met en lumière des vestiges uniques en Europe par leur nombre et leur conservation : les tertres.

    Dès l’âge du Bronze en effet (-2000 à -750 av J.C.), les hommes ont ici édifié des tertres, appelés également nécropoles tumulaires ou tumuli, leur servant de sépulture le long des voies de communication. Localisés sur les plateaux, aux passages des cols et le long des grands chemins de  transhumance, ces tertres sont restés jusqu’à maintenant bien lisibles dans le paysage, notamment d’un point de vue aérien.

    Cette conservation semble dûe à une agriculture qui ne s’est pas intensifiée en milieu montagnard. Les plus gros tertres se situent sur les communes de Riom-ès-Montagnes et Menet et la plus grande concentration de ces édifices est à Trizac.


     
    >> télécharger l'inventaire    

    "Le massif du Cantal recèle un nombre exceptionnellement élevé de tombes individuelles sous tumulus (Vinatié, 1995). Elles sont particulièrement nombreuses sur les hauts plateaux des communes de Mons, Laurie, Vernols, Allanche, Saint-Bonnet-de-Salers... Ces structures funéraires, souvent groupées en nécropoles, se présentent sous la forme de tertres de pierres, soigneusement construits, qui protègent le plus souvent un coffre funéraire recélant un corps incinéré. Les tumulus devaient être réservés à une élite de petits chefs. Certains ont livré un riche mobilier funéraire, souvent métallique (armes, objets de parure en bronze et en or). Les tertres ont des dimensions variables, depuis d'imposants monuments jusqu'à de discrètes tombelles. On serait tenté d'attribuer ces variations morphologiques à des différences de statut social des défunts. Les tumulus semblent particulièrement nombreux sur les axes naturels de circulation, ou au voisinage des cols, ce qui renvoie là encore à l'idée de marqueurs de territoire."

    Frédéric Surmely
    Docteur en préhistoire, agrégé d'histoire, conservateur du Patrimoine.

     

    "Il existe 21 tombelles dans le canton de Riom-ès-Montagnes : 11 sur Collandres, 1 sur Saint-Hippolyte, 7 sur Trizac et 2 sur Valette. Ces tombelles furent conçues à proximité de villages aujourd'hui désertés et de voies romaines ou protohistoriques comme la célèbre Route de la Reine Blanche, qui reliait notamment Trizac à Cheylade en passant par Collandres. De plus, elles se situaient sur des zones déboisées, entre 1000 et 1200 m, dans des lieux abrités, sur une légère pente ou un replat. Des études ont conclu que les tertres de Collandres remontaient pour les plus anciennes au premier siècle avant J-C."

    D'après la Revue de la Haute Auvergne, Riom-ès-Montagnes et le Pays Gentiane, 2009

     


     Prenons de la hauteur...
    Histoire du peuplement du massif cantalien

    L'histoire du peuplement du massif cantalien est encore pleine d'incertitudes et de mystères, dans une région où les travaux archéologiques sont encore relativement peu développés, en dehors de quelques secteurs précis.

    La vigueur de l'érosion, qui a favorisé l'altération des gisements ou bien leur recouvrement sous d'épaisses formations superficielles, constitue un obstacle certain pour la recherche. Néanmoins, la richesse du patrimoine archéologique et l'absence de grands travaux destructeurs font du massif cantalien un cadre très prometteur pour l'archéologie de demain.

    Les plus vieilles traces de la présence humaine dans le secteur des monts du Cantal datent de la fin du tardiglaciaire, c'est-à-dire à la fin de l'époque magdalénienne, il y a environ 15.000 ans (Surmely, 1998). Cette colonisation des hauteurs s'explique avant tout par la disparition des glaciers, le radoucissement du climat et les changements environnementaux qui ont rendu la montagne attractive pour l'homme. C'est aussi à cette même période que se sont peuplées les Alpes et les Pyrénées. Des gisements magdaléniens ont été découverts dans des abris-sous-roche, notamment aux lieux-dits Cors (Saint-Chamant), La Tourille (Celles), Le Cavalier (Molompize), La Bade (Collandres), à des altitudes variant entre 700 et 1200 m.

    Il s'agissait de petits campements fréquentés de façon brève par de petits groupes humains très mobiles, dans le cadre de circuits plus vastes. La mauvaise conservation des restes organiques ne permet pas de connaître en détail les stratégies d'acquisition des ressources alimentaires. Les produits animaux issus de la chasse occupaient très certainement la première place, mais la pêche et surtout la cueillette, dont l'importance est trop souvent mésestimée, devaient jouer un rôle non négligeable. La moyenne montagne cantalienne, du fait de la très grande diversité géologique et topographique, offre en effet une très grande variété de ressources potentielles. La gestion programmée de l'approvisionnement en silex, mise en évidence à partir de l'étude des industries lithiques, montre sans conteste que les expéditions devaient être soigneusement préparées et organisées. L'image de bandes errantes et affamées, menant une vie hasardeuse, est à abandonner complètement, au profit de celle de populations sachant profiter au maximum des potentialités offertes par le milieu naturel et s'adaptant aux contraintes. Il est probable que la fréquentation de la moyenne montagne cantalienne se faisait dans un cadre saisonnier, avec une alternance de séjours en plaine et en montagne. Les hommes ont abondamment utilisé les silex des séries calcaires tertiaires du versant occidental (bassin d'Aurillac/Mur-de-Barrez) et du bassin du Malzieu. Les chailles jurassiques du bassin de Saint-Flour, peu propices à la taille en raison de leur petit module et de leur grain assez grossier, n'ont été utilisées que de façon marginale. Les occupants de l'abri de la Bade (Collandres) ont eu largement recours à la diatomite recristallisée, de couleur orangée et dont la provenance est locale. Les populations magdaléniennes du versant oriental ont également utilisé un excellent silex gris translucide, dont l'origine est à chercher dans les formations marines du crétacé supérieur du Berry. Ce matériau se retrouve dans tous les gisements préhistoriques du Val d'Allier, à partir du Gravettien. Les modes d'acquisition de ce silex restent à déterminer : acheminement direct au cours de grandes migrations, ou bien échanges entre populations voisines.

    La densification progressive du couvert végétal du début de l'holocène a accru encore la quantité et la variété des ressources potentielles de la moyenne montagne. Les hommes ont multiplié leurs incursions sporadiques, mais leurs territoires de parcours semblent s'être restreints (Surmely, 1998). L'important gisement mésolithique des Baraquettes (Velzic) révèle une fréquentation régulière du site au cours des phases anciennes et moyennes du mésolithique, entre 9000 et 7000 ans avant notre ère, avec une importante activité de chasse (sanglier, cerf, chamois, ours...) et de traitement des produits animaux. D'autres gisements de cette époque sont connus à Ventecul (Raulhac), ainsi qu'au Cuze (Sainte-Anastasie).

    L'apparition de l'économie agricole, qui a accompagné le néolithique, n'a pas remis pas en cause l'attractivité du massif cantalien. Au contraire, les sites se sont multipliés, comme le montrent les découvertes effectuées notamment sur la planèze de Saint-Flour, autour de la vallée de la Jordanne et dans le secteur de Massiac. Les premiers paysans se sont installés sur les hauts plateaux, jusqu'à 1100 mètres, pour profiter des sols volcaniques des planèzes, à la fois légers et très fertiles. C'est le cas notamment de la planèze de Saint-Flour, qui était réputée jusqu'au siècle dernier pour être "le grenier à blé de la Haute-Auvergne". Cette hypothèse est corroborée par la découverte de pollens de céréales et de plantes rudérales dans les tourbières. Les nombreuses haches polies découvertes dans le Cantal (façonnées dans le silex, la fibrolithe ou le basalte) servaient à défricher les terres. Si les habitats étaient le plus souvent établis en plein air, les grottes et abris continuaient d'être fréquentés régulièrement. Le mouvement de sédentarisation des populations a progressé fortement, mais ces dernières restent encore très mobiles.

    Le néolithique ancien est encore mal connu, avec quelques indices dans la vallée de la Jordanne. Le néolithique moyen a vu la création de grands habitats établis sur des sites perchés, probablement fortifiés, tels celui de Chastel-sur-Murat. La sédentarisation et l'appropriation des terroirs ont été marquée surtout par la construction de monuments mégalithiques (menhirs, et surtout dolmens) au néolithique final. Ils sont particulièrement nombreux sur la planèze de Saint-Flour. Les constructeurs ont soigneusement choisi les lieux d'implantation, au prix de déplacements de blocs de plusieurs tonnes sur plusieurs kilomètres (Surmely et alii, 1996). Les critères d'implantation semblent avoir été la recherche d'une position dominante, aux limites de plusieurs biozones. Il paraît donc plausible d'attribuer à ces monuments spectaculaires la fonction de marqueurs de territoire.

    Des découvertes d'objets néolithiques isolés (notamment des pointes de flèches) sur les sommets du Cantal témoignent vraisemblablement d'expéditions de chasse en montagne. A Mur-de-Barrez (Aveyron), des mines de silex ont été exploitées, au moyen des galeries souterraines.

    Avec les défrichements et la mise en culture, l'homme a imprimé désormais sa marque sur le milieu naturel. Mais ces transformations sont restées encore limitées.

    Les changements se sont accentués nettement avec les âges des métaux, à la fin du troisième millénaire avant notre ère. Les progrès techniques (notamment liés à la métallurgie) ont permis une augmentation des productions agricoles et de la population, avec en parallèle une hiérarchisation et une structuration de la société. Faute de fouilles récentes, nous connaissons encore mal les modalités de peuplement durant cette époque, qui semble voir la naissance de distinctions entre villages et centres politiques fortifiés. L'ouverture de mines est prouvée pour l'époque gauloise (Labessette).

    Par contre, le massif du Cantal recèle un nombre exceptionnellement élevé de tombes individuelles sous tumulus (Vinatié, 1995). Elles sont particulièrement nombreuses sur les hauts plateaux des communes de Mons, Laurie, Vernols, Allanche, Saint-Bonnet-de-Salers... Ces structures funéraires, souvent groupées en nécropoles, se présentent sous la forme de tertres de pierres, soigneusement construits, qui protègent le plus souvent un coffre funéraire recélant un corps incinéré. Les tumulus devaient être réservés à une élite de petits chefs. Certains ont livré un riche mobilier funéraire, souvent métallique (armes, objets de parure en bronze et en or). Les tertres ont des dimensions variables, depuis d'imposants monuments jusqu'à de discrètes tombelles. On serait tenté d'attribuer ces variations morphologiques à des différences de statut social des défunts. Les tumulus semblent particulièrement nombreux sur les axes naturels de circulation, ou au voisinage des cols, ce qui renvoie là encore à l'idée de marqueurs de territoire.

    Cette organisation du peuplement s'accroît encore à l'époque gallo-romaine. L'économie agro-pastorale est structurée par la création de grands domaines (villae), qui sont nombreux sur les contreforts du massif, notamment dans le secteur d'Allanche-Massiac (Vinatié, 1995). L'aménagement de voies permet des échanges commerciaux plus importants, ainsi que la naissance de petites villes-marchés (Riom-ès-Montagnes, Arpajon-sur-Cère) et de centres thermaux et religieux (Coren-les-Eaux, Vic-sur-Cère, Ydes, Veyrines de Landeyrat).

    A la fin de l'Antiquité, l'habitat paraît se resserrer dans un premier temps près de grands centres fortifiés (Chastel-Marlhac, Saint-Victor de Massiac, Escorailles...), avant de se s'étendre largement à partir de l'époque carolingienne. Cet essor économique et démographique s'accompagne d'un élan de construction d'églises (église de Lascelles) et de châteaux (Apchon, tour de Marzes), qui forment les cadres politiques.

    Cette croissance, liée à l'optimum climatique de l'an mil, explique la multiplication de villages permanents au cœur de la moyenne montagne, à 1100, voire 1200 m d'altitude. Les plus grands, comme celui d'Espinasse à Collandres ou de Cotteughes à Trizac, comprenaient plusieurs moulins, des canaux d'irrigation (Simon-Coste, 1988)... Ces villages seront abandonnés quelques siècles plus tard, sous les effets conjugués de la crise démographique et de la dégradation climatique. Ces nombreux "villages désertés" qui jalonnent les hauts plateaux ne sont pas à confondre avec les vestiges des anciens burons, qui dès la reprise économique de l'époque moderne, marquent la naissance d'un nouveau type d'exploitation des hautes terres, autour de l'élevage extensif et capitalistique sur les "montagnes". Les maîtres de la terre se plaisent à résider dans de somptueux châteaux, qui sont souvent d'anciennes forteresses médiévales remises au goût du jour (château de Saint-Chamant).

     

    Frédéric Surmely

    Docteur en préhistoire, agrégé d'histoire, conservateur du Patrimoine.


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  • Saint-Hippolyte : la toiture de l'église restauréeLaissant passer l'eau de pluie, la toiture de l'église Saint-Hippolyte montrait de gros signes de fatigue. Des travaux de restauration ont été entrepris en urgence à l'automne 2019 et devraient s'achever cet été. Un dossier complexe pour la municipalité, initié dès 2014.

     

    Le chantier comprend la consolidation de la charpente et la réfection ponctuelle de la couverture en lauze sur le versant sud, mais aussi la réfection complète de la couverture en lauze sur le versant nord.

     

    Les travaux ont été réalisés par des entreprises locales et représentent un coût de 84 573,41 € TTC. La mairie a pu compter sur les subventions de la Direction régionale des affaires culturelles, du Département, et de la Région.

    Dépendant de la seigneurie d'Apchon, l'église Saint-Hippolyte a été bâtie au XIe siècle et modifiée au XVe siècle. L'édifice est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1934.

     

    AB

     

    Source : Cathy Duflot / Le Réveil cantalien

     

     

     


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  • Noms de familles, noms de lieux (toponymes), noms des habitants (gentilés) : ils ont tous un sens. Avez-vous déjà essayé de les décrypter ?

    Les noms de famille

    Il est intéressant d'observer que selon les régions, les sonorités changent, et que certains noms sont récurrents. En Pays Gentiane, on remarquera que les Dumas, Rodde et Serre sont les plus nombreux. Parmi les autres noms qui reviennent, on peut citer les Albessard, Charbonnel, Jouve, Duval, Juillard et Julien , Mercier, Rispal, Robert ou encore Veschambre. 

    Voici donc la signification des principaux noms locaux... Ils proviennent de prénoms de baptême (Amblard, André, Julien, Raymond, Robert, Juillard...), de surnoms ou sobriquets (Rouchy, Besson, Raynal, Rispal), des lieux d'habitation (Dumas, Serre, Chaumeil), de vieux métiers (Charbonnel, Moulier, Rodde, Sartre) ou bien de la flore (Fageol, Floret, Joncoux, Delteil).

    Albessard
    Nom typiquement cantalien. De blanc, le suffixe pouvant être péjoratif. Il pourrait aussi désigner le fils de celui qui s'appelle Bessard (surnom possible de celui qui utilise une bêche. Autre possibilité : un toponyme formé sur l'occitan "alba(r)", désignant le peuplier blanc ou le saule blanc. 

    Besse
    Provient du bouleau. 

    Besson
    Surnom. Il désigne un jumeau, aussi bien en français qu'en occitan. 

    Bourgeade
    Celui ou celle qui est "du bourg".

    Boyer
    Ce nom très répandu en Occitanie tire son origine de bouvier (vacher, personne qui s'occupe des boeufs).

    Chabrier
    Nom auvergnat désignant un gardien de chèvres. 

    Chappe
    Le nom est porté dans des régions assez variées, depuis le Cantal jusqu'au Pas-de-Calais, en passant par l'Ouest. On pense généralement au porteur d'une chape (long manteau), mais c'est aussi un toponyme fréquent, nom de très nombreux hameaux (à noter aussi que quatre communes s'appellent Chappes). Variante : Chape (88, 76, 75). Le sens de ce toponyme est très incertain.
    Etymologie : latin Florus, de flos, floris (= fleur).

    Charbonnel
    C'est le fabricant de charbon de bois.

    Chaumeil
    Celui ou celle qui habite une plaine élevée, une lande.

    Clauzel
    C'est le chaumeur de toits (Clauzel, Cluzel).

    Delteil
    Toponyme : lieu où se trouve un tilleul ou un bois de tilleuls. 

    Dumas
    Quelqu'un qui habite la ferme (du provençal).

    Dussaillant
    Le nom est surtout porté dans le Cantal. Variantes : Dusaillant, Dussailland. Il désigne celui qui habite un lieu-dit "le Saillant" ou en est originaire. Dans le Cantal, on pensera notamment aux hameaux du Saillant à Marcenat et à Andelat. Le toponyme est le participe présent du verbe occitan "salhir" (= sortir, jaillir, faire saillie), avec deux sens possibles : soit une source jaillissante, soit un rocher saillant (les deux sens sont attestés pour le mot "salhent" en occitan).

    Duval
    Celui qui est originaire de la vallée.

    Fabre
    Fabre et Lafarge : le forgeron.

    Fageol
    Désigne un bois de hêtres.

    Floret (Flouret)
    Rencontré aux confins méridionaux de l'Auvergne, c'est un
    diminutif de Flour, nom de baptême illustré par saint Flour, apôtre de l'Auvergne, qui aurait été le premier évêque de Lodève (IVe siècle). Mais c'est aussi un adjectif qui signifie tout simplement fleuri...

    Fouillade
    Désigne le feuillage.

    Galvaing
    Sobriquet. Celui qui est "hardi comme un coq".

    Griffoul
    Du toponyme : lieu où pousse le houx. 

    Joncoux
    Tient son origine du jonc.

    Journiac
    Désigne celui qui est originaire d'une localité appelée Journiac. C'est un nom de domaine gallo-romain, formé avec le suffixe -acum sur le nom de personne latin Juronius. Une commune de la Dordogne s'appelle Journiac, ainsi que divers hameaux du Cantal (communes de Beaulieu et Riom-ès-Montagnes). C'est d'ailleurs dans le Cantal que le nom de famille est le plus répandu. Journiac peut aussi désigner un lieu clair et ensoleillé.

    Jouve
    Signifie jeune en occitan (jove). Un surnom qui devait permettre de différencier un membre d'une famille de son père ou de son aîné.

    Julien, Juillard (Julia)
    Equivalent du français Julien. Le nom vient du latin Julianus, lui-même dérivé de Julius. On connaît plusieurs saints portant le nom de Julien. Le plus célèbre dans les P-O est saint Julien, époux de Baselice : tous deux ont refusé de consommer leur mariage, et sont partis évangéliser les païens, ce qui a valu à Julien de mourir dans d'affreuses tortures. En Normandie, on connaît aussi saint Julien l'Hospitalier, popularisé par un conte de Flaubert. Le
    patronyme Julia est très courant dans le Sud et le Sud-Ouest (81, 82, 31, 66). Variantes : Jullia (07, 82), Julhia (46, 82, 40). 

    Laborie
    C'est le fermier (borie provient du latin bovaria qui signifie une étale à boeufs, ou une ferme isolée).

    Labro
    Sobriquet. Le lièvre.

    Malgat
    Sobriquet. Le garçon, avec préfixe péjoratif.

    Marcombe, Marcombes
    Surtout porté dans le Cantal, désigne celui qui est originaire de Marcombes, hameau de la commune de Valette (15). Sens du toponyme : la mauvaise combe (vallée creusée par l'érosion).

    Monier
    Le meunier, celui qui dirige le moulin.


    Dumas (Mas)
    Celui qui habitait un mas. Il convient de se rappeler qu'un mas n'est pas une simple maison comme on le croit parfois à tort, mais une exploitation agricole dont les terres rayonnent autour de la maison d'habitation. Le mot vient du latin mansus. 

    Mercier
    Représente un nom de métier, le mercier étant un boutiquier (marchand). 

    Raboisson
    Qui habite à l'orée du bois ?

    Refouvelet
    Sobriquet de celui qui aime chanter (?)

    Rispal
    Nom assez fréquent dans le Cantal. C'est sans doute un toponyme désignant un lieu broussailleux (francique hrispa, bas-latin rispa). Il existe un hameau appelé Rispal à Menet (15), ainsi que la Grange de Rispal à Saint-Amandin (15). Mais on peut aussi y voir un sobriquet, présentant un individu de haute taille (de la pelle à feu, munie d'un très long manche).

    Rodde
    Nom surtout porté dans le Cantal. Variantes : Roddes (43), Rode (24). C'est un toponyme très fréquent dans le Massif Central, où il peut avoir deux sens : soit une roue de moulin, soit un lieu broussailleux. Les Rodde sont présentés comme des charrons, spécialistes du bois, de tout ce qui tourne et roule (charrettes, roues de moulin...).

    Sabatier
    Le cordonnier.

    Sartre/Soustre
    Le tailleur d'habits.

    Serre (Serra, Serres, Sierra)
    Toponyme (lieu) désignant une ligne de crête, aussi bien en haute qu'en moyenne montagne (latin serra = scie, avec une
    métaphore facile à comprendre). Plus particulièrement, en Languedoc et en Catalogne, on désigne par serre une colline étroite et allongée, résultant de la fragmentation d'un plateau par des vallées parallèles. A noter que Sierra est la forme castillane. Le nom Serra est également fréquent en Italie. 

    Tissandier
    Le tisserand.

    Veschambre
    Un nom typique du Cantal. Il désigne la filasse du chanvre, et c'est donc un surnom donné à l'ouvrier qui broie le chanvre, qui procède au teillage. C'est également le sens qu'il faut donner aux noms Veschambe (46), Veschambes (17, 66), Veschembes (64), sachant qu'en occitan le chanvre se disait cambe, chambe.

    Vessier
    Le noisetier a inspiré ce nom.



    Toponymes (noms de lieux)
      
    La toponymie est l'étude des noms de lieux. Elle est inspirée soit du relief, soit de la géographie, ou bien d'un personnage local, d'un sobriquet. Quelques toponymes intéressants, inspirés généralement du latin et de l'occitan (certaines observations ne sont que de simples suppositions...)

    Alberoche (Collandres) : les roches élevées
    Brocq (Menet) : toponyme désignant un éperon rocheux ou un endroit couvert d'arbustes épineux (ancien occitan)
    Chapsal (Saint-Amandin) : le mot signifie en occitan 'traversin' (capsal), il est employé ici de façon métaphorique
    (La)Chassagne/Chassagny (Saint-Etienne-de-Chomeil/Trizac/Saint-Amandin) : lieu planté de chênes
    Chavaroche (Trizac) : la roche creuse
    Cheyrouse (Trizac) / Le Cheyrier (Menet): de "la cheira" (auvergnat), coulée volcanique
    Clavières (Saint-Etienne-de-Chomeil) : l'enclos
    Coindre (Saint-Amandin) : correspond à l'ancien français "cointe", dont les sens sont nombreux (prudent, habile, mais aussi brave, vaillant, ou encore joli, élégant)
    Cotteughes (Trizac) : du celte cot, pierre, et ialos, clairière
    Espinasse (Collandres) : de "l'espinetta", l'aubépine : lieu recouvert d'arbustes épineux
    Falgère (Marchastel) : lieu planté de fougères
    Ferragne (Riom-ès-Montagnes) :  de l'ancien français ferain et de l'occitan feramia (= bête sauvage, également fantôme puis épouvantail)
    Ferrif (Apchon) : la première mention connue nous éclaire sur l'origine de ce curieux toponyme, appelé Villa Frigidus Rivus au XIIe siècle, autrement dit le domaine ou le village du ruisseau froid. Le nom devient ensuite Freyrif (1513), puis Feyrif, Férif, Ferrif, mais pendant longtemps les habitants ont conservé à leur façon le sens d'origine, le village étant appelé couramment Froid-Férif au XIXe siècle
    Fouilloux (Cheylade, Saint-Etienne-de-Chomeil) : endroit feuillu
    Freydefont (Trizac) : la source froide
    Journiac (Riom-ès-Montagnes)  :  nom de domaine gallo-romain, formé avec le suffixe -acum sur le nom de personne latin Juronius... Ou : endroit clair et ensoleillé.
    La Bastide (Cheylade) : désigne soit une petite ville fortifiée (vocabulaire médiéval), soit une ferme isolée
    La Chadefaux (Collandres) : du latin catafalicum, petite colline ou poste de guêt, voire lieu où se déroulaient les exécutions (fourches patibulaires ?)
    La Chatonière (Collandres) : le châtaigneraie
    La Chaumette (Le Claux) : sommet dénudé, pâturage de montagne
    La Cousty (Riom-ès-Montagnes) : la côte
    La Font Sainte (Saint-Hippolyte) : la source, fontaine sainte
    La Garde (Collandres) : tour de garde, puis forteresse (germ. warda)
    La Malaudie (Valette) : référence à une personne malade ou bien à une mauvaise terre
    La Margerie (Trizac) : diminutif de Marguerite, là où habitait une "Marguerite"
    La Maurinie (Le Claux) : Le nom du hameau daterait du moyen Age où un seigneur local aurait ramené d’une croisade une femme maure et l’aurait installée dans une maison seigneuriale située au fond de la vallée
    La Montagnoune (Collandres) : la colline
    Lapeyre (Le Claux) : lieu où se trouve un rocher, un chaos rocheux ou une pierre dominant le site
    La Sagne (Riom-ès-Montagnes) : endroit marécageux
    La Vidal (Apchon) : référence à une petite fille qui vient de naître, à un baptême ?
    La Volumard (Riom-ès-Montagnes) : le toponyme devrait au départ être un nom de personne germanique (à rapprocher de Volmard, porté autrefois dans l'Isère).
    Le Caire (Cheylade) : lieu surmonté d'un rocher, d'un sommet rocheux
    Le Coin d'Or (Marchastel) : référence aux couleurs du lieu lors de la floraison des genêts ?
    Le Coudert (Riom-ès-Montagnes) : espace inculte près d'une ferme,
    Le Fayet (Trizac) : le bois de hêtres
    Le Fraisse (Le Claux) : évoque la présence de frênes
    Le Gour (Valette) : le creux, le trou rempli d'eau, et surtout... la cascade !
    Le Jarry (Riom-ès-Montagnes) : lieu où pousse le chêne
    Le Sartre (Cheylade) : le tailleur d'habits (latin sartor) ou une terre défrichée.
    Le Traviel (Cheylade) : le vieux tra (c'est-à-dire « creux » : le tra, ancètre du buron, était des plus sommaires : il consistait en une ou deux pièces creusées dans le sol sous une couverture en mottes de gazon. Ce genre de bâtiment était de courte durée et on en changeait souvent comme en témoignent les nombreux entonnoirs visibles dans les pâturages)
    Le Verdier (Riom-ès-Montagnes) : le verger, ou le garde forestier
    Le Vernet (Cheylade) : bois planté d'aulnes (auvergnat lou vernhe)
    Les Bessonies (Trizac) : désigne des jumeaux
    Les Blattes (Riom-ès-Montagnes) : de "lou blat" (le seigle, végétal), terre plantée en blé
    Les Lignes (Valette) : désigne un ancien tisserand ?
    Lextrait (Collandres) : la vallée étroite, ou la bergerie
    Lou Pireyre (Collandres) : lieu de pierres (carrière ?). Cf Oupilheiro, Volpillère
    Marcombes (Valette) : de "coumba" (gaulois), vallée sèche. Cf également Malassagne (mauvais marécage).
    Menoyre (Menet) : tire forcément son origine de la pierre (maen)
    Montauteil (Riom-ès-Montagnes) : le sommet de la haute clairière
    Neuvialle (Saint-Etienne-de-Chomeil) : le nouveau né ?
    Pouzol (Marchastel) : le petit puits
    Pradal : la prairie (occitan)
    Pradines (Cheylade) : la muraille, la clôture (latin parietina) ou les ruines (pariatinae)
    Puech Redoun (Collandres) : le puy rond, maladroitement traduit en français par "suc de Rond"
    Rastoul (Saint-Hippolyte) : de l'occitan "rastolh", le chaume
    Ribeyrolles (Saint-Hippolyte) : les petits ruisseaux (cf également La Ribeyrette)
    Ridoux (Saint-Etienne-de-Chomeil) : nom d'origine germanique, Ridwulf (rid < ritan = chevaucher + wulf = loup)
    Riom (ès-Montagnes) : de "rigomagus", marché du Roi, ou bien "ritomagus", marché du gué
    Roche Salesse (Saint-Hippolyte) : la roche surmontée d'aulnes
    Roussillou (Riom-ès-Montagnes) : de l'occitan rossilha, le rouge-gorge ?
    Soleilhadoux (Menet) : toponyme très énigmatique (le soleil doux ? Et du latin ductus = ruisseau ?)
    Tronchoux (Valette) : zone pleine de souches ? 

     

    Soubro ? Soutro ? On trouve parfois sur les cartes ces deux termes. Soubro désigne la partie haute d'un village, Soutro la partie basse.

     

    Sources : geneanet.org/Jacques MALLOUET, Auvergne de nos Racines

     

    Les gentilés (noms des habitants)

    Comment appelle-t-on les habitants des communes du Pays Gentiane ?

    Apchon : apchonnais et apchonnaises (surnom bricous)
    Cheylade : cheyladais et cheyladaises (surnom cagadrinlhes)
    Collandres : collandriers et collandriaises
    Le Claux : -
    Marchastel : marchastellous et marchastellouses
    Menet : menétois et menétoises
    Riom-ès-Montagnes : riomois et riomoises
    Saint-Amandin : amandinois et amandinoises
    Saint-Etienne-de-Chomeil (anc. Saint-Etienne-de-Riom, Saint-Etienne-de-Menet, Rochers Républicains) : stéphanois et stéphanoises
    Saint-Hippolyte (anc. Saint-Hippolyte d'Apchon, San Chipogue en occitan) : saint-hippolytains et saint-hippolytaines (à confirmer, surnom gastous)
    Trizac : trizacois et trizacoises
    Valette : valettois et valettoises

    A propos des bricous
    C'est entre 1337 et 1453, date de la guerre de cent ans, que pour éviter une mort certaine, les habitants du village jetèrent du haut du Château d'Apchon, des briques de terres cuites, de l'huile bouillante et autres munitions artisanales aux Anglais. Depuis, on appelle les apchonnais les bricous et le Comité des fêtes a adopté ce nom.


    A propos des cagadrinlhes
    La veille de la Saint Léger, le 2 octobre, les femmes avaient coutume de venir déposer au pied de son image des nourritures variées : fromages, beurre, saucisses. Elles se doutaient bien que ces cadeaux étaient consommés par le curé, homme de chair, plutôt que par un homme des bois, mais qui leur servait d'interprète. Une année cependant qu'il n'avait pas envoyé la pluie comme il aurait du, elles décidèrent de le priver de nourriture. Et que se passa-t-il ? Le lendemain, le saint avait disparu. Voilà tout le monde partit à sa recherche. On finit par le retrouver au Bois-Grand, sous un alisier, une grappe d'alises dans la bouche, de ces fruits qui ressemblent à des cerises, en plus dur, dont les oiseaux sont friands. On le rapporta dans son église où il voulut bien recommencer ses miracles. Voilà comment les habitants de Cheylade furent considérés comme des mangeurs d'alises*.

    *
    Jean Anglade a voulu rester correct mais "cagadrinlhes" signifie littéralement "chieurs d'alises".

     

    Jean ANGLADE in Les Puysatiers

     

    A propos des gastous
    Saint-Hippolyte, (en auvergnat San Chipogue), était un saint très pauvre et très âgé, il recueillait la Vierge des Bergers pour les mauvais jours, dans sa petite église chenue et décrépite, toute chancelante et vieillesse. D'après la tradition, les paroissiens offraient des gates (pois) à leur saint, le jour de sa fête. Un jour, on lui refusa son tribut séculaire. Le saint disparut. Il était dans un champ de pois, la bouche remplie de ces légumes. De là vient le surnom de gastous qui fut donné aux habitants de Saint-Hippolyte.

     

    Annette LAURAS-POURRAT, Guide de l'Auvergne mystérieuse


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  • Extrait de "Natura 2000... Pour le site Zones humides de la région de Riom-ès-Montagnes"
    (textes : Luc Belenguier - photos : galerie personnelle)

    Roussillou - Riom-ès-Mgnes (6)
    Les tourbières du lac de Roussillou (Riom-ès-Montagnes)
     
    Le réseau Natura 2000 est un ensemble de sites naturels européen terrestres et marins, identifiés pour la qualité, la rareté ou la fragilité des espèces sauvages animales ou végétales et de leurs habitats. L'objectif pour chaque site est de préserver le patrimoine naturel et la biodiversité par des mesures de gestion et des actions, négociées et tenant compte des activités socio-économiques locales. 

    En France, le réseau Natura 2000 comprend 1 753 sites s'étendant sur 12,5 % du territoire. Plus de 8 000 communes ont au moins 5 % de leur territoire dans un site Natura 2000 : en pays riomois, c'est le cas de Riom-ès-Montagnes, Collandres, Apchon, Saint-Etienne-de-Chomeil, Saint-Amandin et Marchastel. 

    Natura 2000 "Zones humides de la région de Riom-ès-Montagnes :
    un site exceptionnel

    Le site Zones humides de la région de Riom-ès-Montagnes englobe quelques tourbières et zones humides ainsi que leur bassin versant, localisées aux confins du plateau granitique de l'Artense et de la Planèze basaltique de Trizac, dans les environs de Riom-ès-Montagnes. Les températures fraîches liées à l'altitude et l'abondance de précipitations sur ce secteur ont contribué à la formation de tourbières dans les dépression topographiques laissées par les glaciers.

    Le site Natura 2000 couvre 769 ha, à une altitude comprise entre 800 m et plus de 1 000 m. Il est constitué de 9 entitées. Du nord au sud : la tourbière de la Bouboulie (Antignac), le lac de Mont-de-Bélier (Saint-Etienne-de-Chomeil), la tourbière de Laquairie (Saint-Amandin), le secteur des Manicaudies (Saint-Amandin – Marchastel – Lugarde), le lac de Majonenc, le lac de Roussillou et la tourbière des Bondes – La Taphanel (Riom-ès-Montagnes), le secteur des Sagnes de Grand-Combe (Apchon) et celui des Jaleines (Collandres).

    La désignation du site vise prioritairement les tourbières et milieux humides localisés, mais aussi des prairies, des pelouses et des landes ainsi que 3 espèces d'intérêt communautaire liées aux zones humides.

    Le Parc naturel régional des volcans d'Auvergne, animateur du site, s'est vu confié la charge de mener à bien des actions permettant de préserver les richesses écologiques du site en les conciliant avec les activités économiques.

    Apchon
    Les sagnes de Grand-Combe (Apchon), après un épisode neigeux

    Les enjeux du site

    15 milieux naturels rares et menacés à l'échelle européenne (qu'on appelle « habitats d'intérêt communautaire » sur 46 habitats naturels inventoriés) sont présents sur les 769 ha du site couvrant près de la moitié de sa surface. Le Damier de la succise, la loutre d'Europe et le fluteau nageant sont les trois espèces rares et menacées à l'échelle européenne, dites d'intérêt communautaire, inventoriées sur le site. Elles sont liées aux zones humides. Les enjeux de préservation sont indissociables des activités économiques que l'on retrouve sur les bassins versants des tourbières et zones humides. L'agriculture, la sylviculture et les activités de pêche par exemple, qui jouent un rôle multifonctionnel (économique, social, touristique, écologique, paysager...) sont donc à intégrer dans la démarche de préservation. 


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