• D’un côté, Priziac dans le Morbihan. De l’autre, Trizac dans le Cantal. 750 km de distance et une drôle d’histoire commune. À cause d’une faute de frappe, les vitraux de la première se sont retrouvés chez la seconde. Un reportage de Marie Carof-Gadel, journaliste à Ouest-France.

    Trizac : des vitraux bretons à l'église Saint-Beauzire !

    C’est une brève de comptoir qui a tout du roman. Délégué local de la fondation du Patrimoine Bretagne dans le Morbihan, René Barrat est un passionné de Bertrand Du Guesclin, connétable de France et de Castille (1320-1380). En 2015, l’historien décide de se lancer sur les pas du Dogue noir de Brocéliande, entre Broons et Châteauneuf-de-Randon en Lozère, où le connétable a trépassé en 1380.

    Un pèlerinage qui mène René Barrat dans un petit village du Cantal, Trizac. « J’ai fait un arrêt au café du coin, j’avais un drapeau breton sur mon sac et un type est venu me parler, en m’annonçant que les vitraux de Trizac venaient de Bretagne. »

    Une légende bretonne

    René Barrat se rend à la chapelle Saint-Bauzire et contemple pour la première fois de superbes vitraux du XVe siècle. « Et c’est là que je vois sur l’un d’eux une cane, comme la légende de la cane de Montfort racontée par Chateaubriand dans ses Mémoires d’Outre-Tombe… »

    Depuis le XVe siècle, on raconte qu’une jeune fille d’une grande beauté capturée par le seigneur de Montfort n’a dû son Salut qu’à l’intervention de saint Nicolas qui la transforma en cane. Elle put ainsi s’enfuir. D’après la légende, chaque année, une cane entrait dans l’église de Montfort-sur-Meu (Ille-et-Vilaine) avec ses canetons pour saluer le saint. « Or cette légende fait purement partie de la tradition bretonne, souligne René Barrat. Dans le Cantal, elle n’avait aucun sens. »

    Erreur de lecture

    Comment la cane de Montfort s’est-elle retrouvée à Trizac ? « Avant la Guerre 39-45, Jean-Jacques Grüber, un maître verrier, a été missionné par l’inspection des Monuments historiques pour sauvegarder les vitraux anciens et les restaurer. » Les vitraux de Priziac ont donc été placés en lieu sûr pendant le conflit avant de disparaître mystérieusement. « Ce n’est qu’en 1978 qu’une caisse contenant des vitraux est retrouvée au dépôt des monuments historiques. » Problème, une mauvaise lecture du libellé de la caisse rapatrie le trésor à Trizac au lieu de Priziac !

    La commune de 500 habitants dans le Cantal reçoit donc le lot de vitraux. « Le recteur du coin a dû les trouver jolis ! », rigole René Barrat. Ils sont restaurés, agrandis (les vitraux étaient plus petits que les ouvertures de l’église). L’ensemble est inauguré en 1994.

    « Ils sont devenus officiellement les plus vieux vitraux du Cantal, sourit René Barrat. Sauf que le maire de l’époque a senti que quelque chose clochait à la lecture d’inscriptions racontant la légende de la cane. Il devenait facile de faire le lien avec la Bretagne et l’église Saint-Nicolas de Priziac. »

    Contactée, la maire de Trizac, Alice Malga, affirme « avoir entendu parler de cette histoire mais ne rien savoir de plus » avant de raccrocher. Qu’elle se rassure, Priziac n’a nullement l’intention de faire valoir ses droits sur ses vitraux. « Il s’agit plus d’un clin d’œil amusant de l’Histoire, rassure Dominique Le Niniven, le maire. Mais on peut peut-être réfléchir à un jumelage avec le Cantal ! »

    Plus d’informations sur le blog de René Barrat : barrat.xyz


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  • Le village de Lugarde a récemment rejoint la Communauté de communes du Pays Gentiane. J'avais envie de vous parler des ruines de son château, que peu des personnes connaissent.

    Autrefois, Lugarde s'appelait Lugwacht, lieu de culte facilement reconnaissable à Lugarde-Haut, 1 061 m, qui fut un oppidum où les vestiges de murs de fortifications sont encore bien apparents. L'actuel Lugarde est, à coup sûr, établi sur le site, fondé jadis vers 1 000 m d'altitude au pied du sanctuaire, flanqué au nord d'un autre poste de défense et de guet, le château fort (à 1 042 m) dont il ne reste que des ruines surplombant les gorges de la Santoire.

    Lugarde : les ruines du château

    Photo : monmireille.canalblog.com

    La commune de Lugarde était autrefois une seigneurie avec un château fort qui a été détruit au début de la Révolution. Il reste encore des ruines laissant deviner la forme du château. Malheureusement, ces ruines n’ont pas été classées et les habitants du village voisin, le Meynial, s’en sont servies de carrière (le nom du village vient sans doute de cela, du latin moenia : les ruines). Ce château gardait la vallée de la Santoire, rivière aux gorges étroites et abruptes et était en vue directe avec celui d’une puissant voisin, le comtour (comte) d’Apchon, précieux auxiliaire du roi de France pendant la guerre de Cent Ans.

    Pour partir à la découverte de ces ruines, vous pouvez effectuer une balade depuis Lugarde et plus précisément Le Meynial et suivre l'itinéraire en violet ci-dessous (vous pouvez voir que les ruines sont matérialisées par une étoile).

    Source : lugarde.fr, Dictionnaire statistique du Département du Cantal par M. Deribier du Châtelet


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  • Après s'être concertée avec le Parc naturel régional des volcans d'Auvergne, l'association La Menétoise et l'association Vie du lac, la mairie de Menet compte lancer prochainement les travaux d'un sentier d'interprétation le long du lac éponyme. C'est le cabinet "Au fil du temps" qui sera chargé de la réalisation de ce sentier innovant.

     Menet : bientôt un sentier d'interprétation sur le lac

    Mairie de Menet / Au fil du temps

    Le plan d'eau présente un intérêt faunistique et floristique reconnus mais peu mis en valeur. Avec ce sentier d'interprétation, non-initiés et passionnés pourront cheminer sur un parcours d'une longueur de 800 m environ et propice à la détente et à la découverte. Comme l'indique la mairie, "la balade se déroulera en plusieurs temps durant lesquels le visiteur sera amené à traverser plusieurs ambiances et sera plongé dans cet environnement lacustre. Une série d'aménagements confectionnés avec des essences locales et matériaux du pays parfaitement intégrés au lieu (ponton panorama, platelage, ponton handi-pêche, bornes pédagogiques, mobiliers) agrémenteront le parcours."   

    Le sentier s'inscrit dans l'aménagement global du bord du lac. Aire de pique-nique, jeux pour enfants ou encore terrain multisports devraient voir le jour.

    A suivre...


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  • Le Claux : le Noël du Puy MaryPour la première fois, les Maisons de Site des vallées du Puy Mary ouvrent leur porte à l’occasion des fêtes de Noël.

    Du 17 au 24 décembre 2016 de 14 h à 17 h, Le Claux, Dienne, le Falgoux et Mandailles s'animent autour des Maisons de Site avec de nombreuses animations à prévoir : expositions, contes, marchés de Noël, marchés de producteurs, démonstration de sculpture sur bois... Le programme complet est à consulter sur www.puymary.fr courant décembre.

    Le 17 décembre, les enfants des vallées sont invités à venir décorer le Sapin de Noël qui sera disposé dans chaque Maison de Site. L’occasion de partager un goûter dans une ambiance festive et chaleureuse.

    Noël en Pays Gentiane

    Par ailleurs, ne manquez pas :

    • le concert de Noël, samedi 17 décembre 2016 à 20 h 30 à l'église de Saint-Etienne-de-Chomeil, avec le choeur Musica Condat et la Troup'Badour,
    • les crèches des églises de Saint-Etienne-de-Chomeil et de Saint-Amandin, tout le mois de décembre,
    • les marchés de Noël de Riom-ès-Montagnes, Trizac (18 décembre), Cheylade (11 décembre)
    • le Train du Père Noël, les 20 et 21 décembre en gare de Riom-ès-Montagnes (réservation vivement conseillée).

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  • Aurillac & Cantal : Didier Huguet fait revivre les contes et légendes du pays riomoisSi vous suivez ce blog depuis un certain temps, vous aurez remarqué mon attirance pour le patrimoine oral et en particulier pour les contes et légendes du Haut-Cantal que j'ai d'ailleurs inventoriés (en partie !) il y a quelques années.

    Depuis plus de 30 ans, l’Institut d’Études Occitanes du Cantal organise "les Rapatonadas", la fête du conte et de l’oralité inspirée du rapaton (prononcez "rapatou"), petit diable farceur et figure emblématique des contes occitans de Haute-Auvergne. Sur le Haut-Cantal, on parle plutôt du drac (prononcer "dra"), mais au fond c'est le même personnage ! 

    L'occitan, plus qu'une langue

    La 36e édition des Rapatonadas se déroule du 4 au 13 novembre 2016 à Aurillac mais aussi un peu partout dans le Cantal, car ce festival propose désormais des spectacles décentralisés. Parmi les conteurs présents, je voulais vous parler de Didier Huguet. Originaire de la région de Murat, Didier Huguet est un ancien instituteur. Véritable ambassadeur de l'occitan, il a également enseigné la langue dans les écoles. Pour lui, "l'occitan n'est pas seulement une langue parlée dans les recoins de campagne, mais il y a aussi toute une civilisation, il y a la cuisine, la toponymie, un certain nombre de savoir-faire et de métiers, une science de l'irrigation... tout un tas de choses passionnantes !" Mais quel rapport avec le conte me direz-vous ? Et bien ce passionné a fait de nombreuses recherches sur les légendes du Cantal et les a collectées (en Français comme en Occitan) pour les Archives départementales du Cantal. Et pour les Rapatonadas, il en a fait un spectacle.

    Les "contes et légendes des monts" de Didier Huguet

    Mourjou : Didier Huguet fait revivre les contes et légendes du pays riomoisDidier Huguet dévoile ses "contes et légendes des monts", le dimanche 6 novembre à Aurillac, le jeudi 10 novembre à Mourjou ou encore le dimanche 13 novembre dans la vallée de la Jordanne dans le cadre d'une "balade contée". Ce spectacle, aussi bien en Français qu'en Occitan, est issu de collectages menés par le conteur auprès de Cantaliens détenteurs de ces trésors.

    Avec Didier Huguet, les légendes volent de place en place, tels des parpalhòls (papillons) ! Au Puy Griou, le Diable fait un pari stupide. Sur le Peyre Arse, un géant se lève de son siège pour boire l'eau de la Santoire. Ailleurs, des lacs s'entraident. Dans le village de l'Oupillière, sur la planèze près de Collandres, hommes et serpents vivent de concert. A Riom, Cotteughes, les bòbas (serpents) gardent des trésors. De dorée, la légende se fait noire. Entre chien et loup, l'homme de la nuit maraude. Au canton, la femme-loup d'Apchon se carapate. Quant à la revenante, un an après sa mort, elle retourne au bal...

    Renseignements : 04 71 48 93 87 - contact@ieo-cantal.com
    http://www.ieo-cantal.com/index.php/5-evenements/las-rapatonadas/85-contes-et-legendes-des-monts

    Pour écouter Didier Huguet, rendez-vous sur http://www.recits-occitan.com, rubrique "Nos récits"

    Si vous vous intéressez aux légendes du pays riomois, par ici : http://enpaysgentiane.kazeo.com/histoire-et-traditions-c27644732/6

    AB


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